Parce que l’agrivoltaïsme est en pleine expansion et qu’il ne s’agirait pas de mettre au second plan les cultures agricoles, l’Afnor lance le label Projet agrivoltaïque. Ce cadre a pour objectif de favoriser le développement de cette pratique et de structurer la filière émergeante.

Agrivoltaïsme

Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme ? Il s’agit d’une pratique qui permet, au-dessus d’une même surface de champs, de mêler culture et production d’électricité de source solaire. Un risque est très vite identifiable : celui de privilégier la centrale photovoltaïque au détriment du rendement agricole.
Pour les acteurs pionniers de la filière émergeante, tout est cependant très clair : les panneaux photovoltaïques forment des lignes de persiennes pilotables qui ont aussi pour rôle de protéger les cultures qu’elles coiffent.
De quoi améliorer la résistance de ces dernières face au dérèglement climatique et aider les agriculteurs à préserver leurs volumes de production agricole. En plus de générer de l’électricité, les ombrières dosent le passage de la lumière afin de ne pas griller les végétaux tout en ne gaspillant pas les ressources en eau.

Une association…

Première étape dans l’établissement d’un cadre à cette pratique, la création en juin dernier de l’association France agrivoltaïsme par les leaders mondiaux que sont Sun’Agri et REM Tec.

Ils se sont entourés de 3 partenaires complémentaires : Kilowattsol (bureau d’ingénierie en énergie solaire), Altergie Développement (expert dans le développement, la mise en œuvre, le financement et la gestion des centrales photovoltaïques) et Râcines (plateforme de financement dédiée aux projets agrivoltaïques).

Et du côté des pouvoirs publics ? La France encourage l’agrivoltaïsme. Notamment par l’intermédiaire de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui a retenu nombre de projets dédiés mis au jour par l’intermédiaire de ses appels d’offres. A la suite d’une expérimentation dirigée par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), le Sénat et le ministère de la Transition écologique se sont positionnés en faveur de cette pratique. Non sans envisager de multiples conditions.

À lire aussi Prairies agrivoltaïques : quel est l’impact des panneaux sur la croissance de l’herbe ?

…et un label

Le monde agricole est déjà mobilisé par la production solaire depuis des années, en recouvrant de panneaux photovoltaïques les bâtiments. Et ce, sans que cela ne pose de problèmes majeurs. C’est le passage à des unités au-dessus des champs qui imposent de fixer un référentiel afin d’éviter l’artificialisation des sols, c’est-à-dire la perte de surfaces cultivables.
« En tant que technologie en phase de développement fort, l’agrivoltaïsme nécessite un cadre permettant d’assurer que chaque projet priorise la performance agricole, et par conséquent intègre les besoins de l’exploitation agricole partenaire », justifie l’Afnor.

L’organisme indique que son label Projet agrivoltaïque est complémentaire au cahier des charges des appels d’offre de la CRE. Sa raison d’être est d’établir un encadrement qualitatif et transparent avec un triple rôle :

  • Mettre en lumière les projets agrivoltaïques vertueux pour l’exploitation agricole ;
  • Favoriser leur développement ;
  • Structurer la filière émergente.

Emporter la confiance des parties prenantes

Rien n’oblige aujourd’hui un porteur à raccrocher son projet agrivoltaïque au label de l’Afnor. Ce marquage apporte cependant un conséquent gage de confiance et de transparence pour les parties prenantes déjà engagées ou qui s’apprêtent à le faire. La démarche apparaît alors comme conforme à l’exigence d’accorder la priorité sur la partie production agricole.

Le label Projet agrivoltaïque court sur les 3 phases du projet. Lorsqu’il en est au stade du développement, cette étiquette confirme que la direction prise par les porteurs est bien fidèle aux exigences de l’agrivoltaïsme. A la mise en service, l’évaluation se porte sur l’application des contraintes au niveau de l’installation photovoltaïque et des dispositions prises pour ses scénarios de fonctionnement. Enfin, lors de la phase d’exploitation, le label valide les impacts du système sur la production agricole.

À lire aussi Des chercheurs belges testent l’agrivoltaïsme dans les vergers

Avantages et bénéfices du label

Décrocher le label Projet agrivoltaïque, élaboré par l’Afnor à la demande de France agrivoltaïsme, c’est aussi et surtout faciliter l’instruction des projets et amener potentiellement à eux des investisseurs et partenaires de qualité supplémentaires.

Cette distinction aide en outre à valoriser les innovations qui ont fait leurs preuves lors du fonctionnement des démonstrateurs, ainsi que les projets exemplaires. Au final, tout concourt à enrichir une filière qui se dynamise actuellement.

Les programmes bénéficieront ainsi de l’image sécurisante véhiculée par l’Afnor Certification. L’organisme est apprécié comme acteur historique de référence dans la valorisation des démarches entreprises dans les domaines de la qualité, de l’environnement de l’énergie et de l’agriculture. A travers ses 39 filiales, l’Afnor a apposé sa marque sur plus de 59 000 sites en France et à l’étranger.

À lire aussi Pyrénées-Orientales : début des vendanges pour le premier vin agrivoltaïque au monde À lire aussi Substituer une monoculture de pins par du solaire photovoltaïque, est-ce un crime écologique ?