
Dans un rapport publié le 26 février, la Cour des comptes s’est penchée sur la sortie du charbon et la reconversion à la biomasse de la centrale de Provence à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Si la part du charbon dans le mix électrique est devenue marginale, les sages critiquent vertement le soutien public et ses implications économiques et juridiques pour poursuivre l’exploitation.
La production d’électricité à partir du charbon a fortement reculé en dix ans : elle est passée de 19,9 TWh en 2013 à 0,7 TWh en 2025, soit 0,13 % de la production nationale. La fermeture des dernières centrales à charbon avait été inscrite dans la loi Énergie-Climat de 2019 avec un objectif fixé à 2022. Pourtant, en 2026, il en reste, car la crise des prix de 2021-2022 a repoussé l’échéance à 2027.
Le rapport de la Cour des comptes n’est pas franchement tendre avec la centrale de Provence, située à quelques kilomètres au nord de Marseille et exploitée par GazelEnergie, filiale du groupe EPH détenu par Daniel Křetínský. L’État a choisi d’accompagner sa reconversion via un avenant à un contrat existant. L’électricité produite à partir de biomasse y est rémunérée 260 euros le mégawattheure. À titre de comparaison, la Commission de régulation de l’énergie avait recommandé un niveau compris entre 188 et 191 euros par mégawattheure et les prix de l’électricité moyens s’établissaient à 61€/MWh en 2025 selon le dernier bilan prévisionnel de RTE.
À lire aussiBiomasse : le pognon de dingue dépensé par l’État pour relancer la centrale de GardanneLe coût total du dispositif de soutien avait été évalué à 800 millions d’euros sur huit ans. Mais selon la Cour des comptes, si les prix de marché de l’électricité restent bas, la compensation versée pourrait atteindre jusqu’à 1,5 milliard d’euros sur la même période. Le mécanisme prévoit en effet de combler l’écart entre le tarif garanti et le prix de marché, cela augmente mécaniquement le soutien public avec les prix baissiers.
Un autre problème de l’avenant, c’est la non-remise en concurrence. Ils estiment que ce choix expose l’État à un risque juridique au regard des règles européennes relatives aux aides d’État, un risque que l’État ne prend pas sur les barrages hydroélectriques par exemple. La Commission de régulation de l’énergie doit réaliser un audit afin d’évaluer les coûts complets de l’installation et d’identifier d’éventuelles sur-rémunérations.
Au-delà du cas de la centrale de Provence, la Cour estime que la fermeture des centrales à charbon en 2027 n’est pas risqué. Selon les analyses de RTE citées dans le rapport, un besoin potentiel de 2 à 5 GW de capacités thermiques supplémentaires pourrait apparaître à l’horizon 2030 si la demande d’électricité augmente, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Un soutien public bienvenu pour le milliardaire tchèque qui mise sur ces actifs sans valeur future, mais à grande valeur immédiate.
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