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Les records s’enchaînent dans la fusion nucléaire

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Par Kevin CHAMPEAUPublié le 25 février 2026
Illustration : Kittipong Jirasukhanont.

Porteuse d’espoir pour la transition énergétique, la fusion nucléaire accélère grâce au dynamisme du secteur privé qui vient concurrencer les grandes institutions publiques. Résultat : les records en la matière tombent les uns après les autres. 

Pendant longtemps considérée comme une utopie, la fusion connaît un regain d’intérêt et la recherche sur le sujet ne cesse d’accélérer depuis plusieurs années, dynamisée par les nombreux intérêts privés. Symbole de cette accélération, les records s’enchaînent, en témoigne la dernière réussite de la startup américaine Helion.

Un plasma à 150 millions de degrés Celsius

Cette dernière est parvenue à créer un plasma atteignant les 150 millions de degrés Celsius, soit 10 fois la température au cœur du soleil. C’est un record pour le secteur privé. Il a été obtenu grâce à Polaris, le septième prototype de la startup. Celui-ci est doté d’une architecture dite Field-Reversed Configuration (FRC) qui diffère des tokamak et laser inertiels. Ici, l’objectif est d’accélérer deux plasmas, de les fusionner puis de les comprimer. Outre cette technique, Herion mise sur un système de conversion électromagnétique pour récupérer l’énergie issue de la réaction de fusion et obtenir de l’électricité.

Pour le moment, Herion se concentre sur la réaction de fusion deutérium-tritium, à l’instar d’ITER ou du National Ignition Facility. Mais pour ses applications commerciales, la startup mise plutôt sur la réaction deutérium-hélium 3 qui produit moins de neutrons. Loin de se reposer sur ses lauriers, l’entreprise construit déjà son démonstrateur commercial, nommé Orion, qui devrait fournir de l’électricité à Microsoft.

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Une course effrénée où se mêlent acteurs publics et privés

Servant de préparation au programme ITER, plusieurs tokamaks dans le monde entier enchaînent les records. La durée des plasmas ne cesse de s’allonger, notamment à travers les essais des tokamaks EAST, situé en Chine et WEST, situé à Cadarache. Le 12 février 2025, le CEA a maintenu un plasma d’hydrogène pendant 1337 secondes, soit environ 22 minutes.

Mais le secteur privé devient un acteur majeur des recherches. Ainsi, une startup chinoise baptisée Energy Singularity vient d’égaler le record français, ce qui constitue évidemment une première pour le secteur privé.

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De nouvelles barrières tombent

Enfin, il y a quelques semaines, le Tokamak EAST a, pour la première fois, franchi la limite de Greenwald. Cette dernière est une limite de densité au-delà de laquelle le plasma serait soumis à de violentes instabilités provoquant son effondrement. Grâce à un contrôle minutieux de la réaction dès son amorçage, les équipes chinoises sont parvenues à dépasser cette limite sans instabilité.  Jeronimo Olaya, physicien au CEA, a réagi à cette nouvelle en indiquant que ces résultats étaient « très prometteurs et devraient être explorés dans d’autres dispositifs tokamak ».

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