
En matière de production d’électricité, la France fait souvent cavalier seul en Europe. Emmanuel Macron vient d’ailleurs de le prouver une nouvelle fois en évoquant la responsabilité du mix électrique espagnol dans le black-out d’avril dernier. Une position à contre-courant du discours européen, qui met en avant le manque d’interconnexions.
Le black-out de l’année dernière, qui a secoué la péninsule ibérique plus d’une dizaine d’heures, n’a pas fini de faire parler. Si le manque d’interconnexion entre la France et l’Espagne a plusieurs fois été pointé du doigt, en particulier par la Commission Européenne, Emmanuel Macron a profité d’une interview au journal espagnol El País pour donner son avis sur la question. Selon lui, l’origine du black-out n’a rien à voir avec un manque d’interconnexion entre la France et l’Espagne, mais vient plutôt d’un mix électrique largement dominé par les énergies renouvelables.
Le Président français a évoqué un problème structurel, et a indiqué qu’au regard des technologies actuelles, la stabilité du réseau de ne peut pas être assurée quand la production électrique est principalement issue du vent et du soleil.
À lire aussiRéseau électrique 100 % renouvelables : l’Espagne y arrive pour la première fois en semaineDans les faits, le mix électrique global de l’Espagne n’est pas 100% renouvelable puisque le pays produit 54 TWh par an d’électricité nucléaire, et utilise également du gaz naturel. Néanmoins, la production éolienne est importante avec 62 TWh en 2024, contre 47 TWh pour la France.
L’énergie solaire connaît une croissance fulgurante : de 9 TWh produits en 2019, le pays est passé à 54 TWh en 2024, surpassant largement la France et ses 24 TWh produits la même année. Du fait de cette forte capacité de production, il arrive que sur certaines périodes, les productions solaires et éoliennes dominent largement le mix électrique. Or, ces modes de production ne participent pas à la stabilité du réseau comme le font les machines tournantes des centrales nucléaires, des barrages hydroélectriques ou des centrales thermiques. Ces dernières, quand elles fonctionnent, ont une inertie importante qui maintient la fréquence et la tension du réseau aux valeurs souhaitées. C’est d’ailleurs l’une des forces du réseau électrique français.
De ce fait, la position du Président français se comprend. Néanmoins, il faut bien admettre qu’une augmentation des interconnexions permettrait d’améliorer la stabilité globale du réseau européen, et donc de faire profiter à l’Espagne de la stabilité de la France, tout en favorisant la décarbonation du mix électrique européen.
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Pourquoi Macron critique le mix électrique espagnol
Solaire22 février 2026
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