Ceci n’est pas de la science-fiction. L’accélérateur à particules du CERN va bel et bien fournir de l’énergie au réseau de chauffage de Ferney-Voltaire, proche de Genève. Si le concept paraît futuriste, il se base sur un système très simple de récupération de la chaleur résiduelle.

À une centaine de mètres de profondeur sous la périphérie de Genève, une boucle de 27 km étudie les particules fondamentales en consommant de grandes quantités d’énergie. Le célèbre accélérateur à particules du CERN absorbe jusqu’à 200 MW de puissance électrique lors de ses expériences. Une énergie en partie dissipée sous forme de chaleur, qui n’était jusque-là pas valorisée.

Ce gisement intéresse la métropole transfrontalière du Grand Genève. Elle souhaite l’exploiter au profit du réseau de chaleur de Fernay-Voltaire et de sa nouvelle zone d’activité. Le système doit fournir une énergie de chauffage « à plus de 55 % renouvelable » à 20 000 personnes, explique un acteur du projet. Concrètement, une canalisation longue de 5 km puisera la chaleur dans le puits n°8 du tunnel du CERN avant de l’acheminer vers les consommateurs.

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D’une puissance de 24 MW, le dispositif délivrera 63 GWh de chaleur et 6 GWh de froid chaque année. Il sera accompagné d’une unité de stockage géothermique inter-saisonnier, permettant d’accumuler de la chaleur ou du froid pour la restituer quelques mois plus tard. La collectivité du Grand Genève a signé une convention avec l’ADEME fin janvier, démarrant officiellement le projet. L’organisme public financera 11 des 28 millions d’euros nécessaires à sa réalisation.