Les scientifiques ukrainiens ont constaté une hausse de la radioactivité sous le réacteur n°4 de Tchernobyl, celui qui a explosé le 26 avril 1986. L’augmentation du nombre de neutrons détectés par les instruments de mesure révèle une accélération des réactions de fission sous les décombres de la centrale. Désormais les experts n’excluent pas la possibilité d’un nouvel accident.

« C’est comme les braises d’un barbecue » explique Neil Hyatt, un spécialiste des matériaux nucléaires à l’université de Sheffield. Interrogé par la revue Science avec d’autres scientifiques, il alerte sur une radioactivité anormale dans les débris de la centrale de Tchernobyl.

S’ils restent prudents dans leurs propos, ils ont toutefois déclaré qu’une nouvelle explosion était possible. « Nous ne pouvons pas exclure un accident », a notamment confié Maxim Savelier, chercheur à l’Institut ukrainien pour les problèmes de sûreté des réacteurs nucléaires.

« Aujourd’hui, les experts s’efforcent de déterminer si les réactions s’arrêteront d’elles-mêmes ou si des interventions extraordinaires seront nécessaires pour éviter un autre accident », précise la revue scientifique.

La crainte est qu’un tel événement ne détériore encore davantage le sarcophage, fissuré et instable, qui a été construit après la catastrophe pour contenir la radioactivité émanant de la centrale. Comme il n’est pas étanche, les fortes pluies font parfois grimper en flèche l’émission de neutrons, augmentant ainsi la probabilité qu’ils frappent des noyaux d’uranium et amorcent une réaction en chaîne.