Vous avez (beaucoup) de temps pour voyager ? Vous pourrez bientôt le faire en voilier plutôt qu’en avion. La jeune société française Sailcoop s’apprête à lancer sa première ligne zéro-émission entre l’hexagone et la Corse. Elle envisage déjà des traversées commerciales vers des destinations bien plus lointaines.

Réserver une place sur un voilier comme on achète un billet d’avion ne sera bientôt plus une fantaisie. Il suffira de se rendre sur le site internet de Sailcoop et de choisir parmi les destinations.

D’abord la Corse, dès l’automne 2021 promet la coopérative bretonne. Elle proposera ensuite des traversées nettement plus longues vers les États-Unis, les Antilles, l’Afrique et le Brésil.

Du continent à la Corse en 24 à 36 heures

À bord des navires, vous ne devriez pas trouver de businessmen pressés. Se déplacer en voilier nécessite en effet de redéfinir le concept du voyage, loin de celui dont l’avion nous a habitué. « Le but n’est pas le but, c’est la voie » disait Lao-Tseu. Vous pourrez vous répéter la célèbre phrase du sage chinois pendant les 24 à 36 heures de traversée entre la Corse et le continent. Il faudra prévoir un peu plus de divertissements pour les trois à quatre semaines de mer jusqu’à New-York.

Une flotte de 500 voiliers d’ici 2024

Tous ceux pour qui le temps n’est pas un impératif pourront embarquer. Certains pourront même en profiter pour travailler puisqu’ils se verront proposer une connexion wifi, explique Sailcoop. Côté tarifs, la société prévoit entre 50 et 120 € par jour de navigation sur les lignes régulières vers la Corse et 80 à 110 €/jour sur les traversées transatlantiques. À 360 € l’aller-retour pour l’île de Beauté, ses voiliers devraient à-priori transporter un public assez aisé. Une traversée qu’il faut toutefois percevoir comme une expérience intégrée au voyage dans son ensemble, au même titre que les activités et hébergements à destination.

Si l’idée est très originale, la demande existerait bel et bien selon Maxime de Rostolan, un des trois fondateurs de Sailcoop. L’homme, qui estime que « plus personne ne prendra l’avion pour son loisir » d’ici quelques années, planche sur une flotte de 500 navires pour 30 000 passagers en 2024. Selon la coopérative, 300 personnes ont déjà pré-réservé des traversées méditerranéennes et transatlantiques prévues en 2021 et 2022.