Aujourd’hui très polluantes, les aciéries vont-elles devenir des exemples de développement durable ? En Suède, un projet d’usine sidérurgique « verte » prévoit d’installer un puissant électrolyseur d’hydrogène pour produire de l’acier décarboné.

Fabriquer de l’acier consomme de grandes quantités de ressources. Problème : 75 % des besoins énergétiques mondiaux de la sidérurgie sont actuellement assurés par le charbon. Les émissions de dioxyde de carbone issues de ce secteur sont donc considérables, elles sont évaluées à 2,6 milliards de tonnes chaque année.

La solution pourrait venir de l’hydrogène d’origine renouvelable, testé depuis quelques années par certains industriels. Lorsqu’il est produit par un électrolyseur alimenté en électricité verte, l’hydrogène est une alternative « propre ». Les aciéries peuvent alors l’utiliser en remplacement des énergies fossiles, afin de porter les hauts fourneaux à haute température.

En Suède, la jeune société « H2 Green Steel » (H2GS) veut exploiter ce filon de l’acier écoresponsable. Elle va bâtir une usine équipée d’un puissant électrolyseur au nord du pays. D’ici 2030, l’installation produira 5 millions de tonnes d’acier vert chaque année et prévoit de créer 1500 emplois.

 

Pour réaliser ce projet, H2GS s’est associé à des poids-lourds. On retrouve ainsi la société d’investissement Vargas Holding, cofondatrice du fabriquant de batteries Northvolt et Daniel Ek, le créateur de la plateforme de streaming musical Spotify. La start-up a également débauché le PDG de Scania Henrik Henriksson pour diriger l’opération. Le coût de la première phase du projet est colossal, il est estimé à 2,5 milliards d’euros. Plusieurs autres sociétés comme Hybrit et Ovako, toutes basées en Suède, prévoient de se lancer dans la fabrication d’acier décarboné. Le matériau pourrait notamment intéresser les constructeurs automobiles, qui souhaitent renforcer l’aspect écologique de leurs véhicules électriques.