Sur le même principe que les éoliennes, les hydroliennes permettent de produire du courant à partir de l’énergie motrice de la mer. A Cherbourg, Naval Energies a parié sur cette technologie en inaugurant la toute première usine entièrement dédiée à la fabrication d’hydroliennes au monde.

Sur le port de Cherbourg, un hangar de 150 mètres de long est sorti de terre en une dizaine de mois. Inauguré le 14 juin, il sera capable de fabriquer jusqu’à 25 hydroliennes de 2 mégawatts par an. Cette nouvelle usine, la seule à être exclusivement consacrée à l’hydrolien sur Terre, est le fruit de l’investissement de Naval Energies. L’entreprise française spécialisée dans la production d’électricité renouvelable en mer a décidé de miser sur un potentiel peu exploité et victime de son coût élevé.

Seulement deux commandes fermes

L’outil, qui doit encore être préparé avant d’entrer en service, s’étend sur une surface totale de 5900 m². Large de 37 mètres, il abrite deux engins de levage d’une capacité de 87 tonnes et bénéficie d’un accès direct aux quais lourds du port de Cherbourg. Dans une poignée de semaines, la production de deux hydroliennes de 2 mégawatts commandées par le japonais Kyuden Mirai Energy et le canadien Cap Sharp Tidal débutera.

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L’usine d’hydroliennes à Cherbourg – Naval Energies

Un avenir suspendu aux décisions gouvernementales

Le reste du carnet de commande est cependant incertain. Naval Energies pourrait assembler les 7 turbines destinées au projet de ferme-pilote Normandie Hydro d’EDF Energies Nouvelles. La société, qui compte sur le lancement d’appels d’offres de l’État pour des parcs hydroliens commerciaux, s’est lancée dans un contexte assez frileux. Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a en effet commandé cette semaine une étude sur l’hydrolien, notamment pour connaître se rentabilité.

100 gigawatts de potentiel hydrolien mondial

Pour illustrer le potentiel de cette ressource, Naval Energies brandit les performances de ses machines déjà en service. L’une d’elle, située en Écosse sur le site d’essais de l’European Marine Energy Center, fonctionnerait sans interruption depuis plus de trois ans. Une autre, immergée au Canada, aurait subi sans dommages les effets d’un des plus forts courants océaniques du monde causés par une marée centennale. Au total, ses turbines auraient déjà injecté 1 gigawattheure dans les réseaux électriques.

La société estime à 50.000 turbines soit 100 gigawatts le potentiel mondial de l’hydrolienne. Outre la France, la Royaume-Uni, le Canada, le Chili et l’Indonésie s’intéresseraient à la technologie proposée par Naval Energies. Elle emploie pour l’instant une dizaine de personnes dans sa nouvelle usine, mais pourrait massivement recruter si le nombre de commandes venait à s’intensifier.