Si parmi les « grands » de ce monde, Joe Biden est sans doute le chef d’Etat qui plaide avec le plus de forces pour les énergies vertes, si Greta Thunberg est probablement la militante de la transition énergétique la plus médiatisée, il en est un qui mérite incontestablement le titre de plus grand apôtre des énergies renouvelables : le pape François.

« Qui investit dans les énergies fossiles n’est pas un bon catholique ». Le moins que l’on puisse dire c’est que le pape François ne manie pas la langue de bois quand il s’exprime sur le changement climatique et les questions d’énergie.

Depuis la parution en juin 2015 de l’encyclique Laudato si’, écrite entièrement de sa plume, le pape s’érige en fervent supporter des énergies renouvelables pour combattre le changement climatique qu’il considère comme « l’un des principaux défis actuels de l’humanité ». Dans cette encyclique consacrée à l’environnement et l’écologie, que beaucoup considèrent comme le document pontifical le plus important depuis le concile Vatican II, le « saint-père » exhorte les dirigeants mondiaux à agir vite pour sauver la planète, menacée de destruction par le réchauffement climatique et le consumérisme.

« L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement », prévient-il. A commencer par le recours aux énergies fossiles, « à bannir au plus vite », juge le souverain pontife, pour qui « le charbon et le pétrole doivent progressivement mais sans retard être remplacées par des énergies renouvelables ».

Il faut accélérer le développement des énergies renouvelables

François n’hésite pas à enfoncer le clou et à défier les lobbys des énergies fossiles. S’adressant en juin 2018 aux participants à une réunion de dirigeants des grands groupes du secteur pétrolier il ose les sermonner. « Les constantes explorations pour trouver de nouvelles réserves de combustible fossile sont préoccupantes, alors que l’Accord de Paris conseille clairement de maintenir dans le sous-sol la majorité du carburant fossile » leur lance-t-il. Particulièrement soucieux de la précarité énergétique qui affecte de nombreuses populations sur la planète il leur lance même un défi : « il faut avoir particulièrement à cœur les efforts en vue d’un meilleur accès à l’énergie des pays les plus vulnérables, en particulier dans les zones rurales, et en vue d’une diversification des sources d’énergie, en accélérant également le développement durable d’énergies renouvelables » leur conseille-t-il.

Suspendre les investissements dans les énergies fossiles

En juin 2020 le pape s’aventure encore plus loin dans sa croisade contre les énergies fossiles. Dans un manuel de 225 pages adressé aux dirigeants de l’Eglise et au clergé, il appelle les catholiques du monde entier à suspendre les investissements dans les combustibles fossiles. « Les gens peuvent amorcer un changement positif. Par exemple, en bannissant les entreprises qui ne répondent pas à certains paramètres. Ces paramètres sont le respect des droits de l’homme, l’interdiction du travail des enfants et la protection du climat et de l’environnement », indique le document papal. « La construction de systèmes énergétiques sûrs, accessibles, fiables et efficaces, basés sur des sources d’énergie renouvelables peut permettre de répondre aux besoins des populations les plus pauvres tout en limitant le réchauffement climatique », précise-t-il. Plus loin, François appelle également à une forte taxation des émissions de dioxyde de carbone.

Et son plaidoyer n’est pas resté lettre morte : de nombreuses organisations catholiques ont déjà réorienté des milliards de capitaux. Des dizaines de congrégations religieuses ont par exemple annoncé le transfert de leurs investissements vers des fonds catalogués comme « verts ». A l’occasion du 5e anniversaire de l’encyclique Laudato si’, une quarantaine d’institutions liées à l’Eglise ont même créé un mouvement de désinvestissement dans les énergies fossiles : le Catholic Impact Investing Collaborative.

Plaidoyer pour les coopératives et l’économie circulaire

Le « saint-père » ne rate pas une occasion pour plaider la cause des renouvelables et montrer le « droit chemin ». Le 4 juillet 2020, à l’occasion de la journée internationale des coopératives il s’exprime cette fois sur Twitter : « En certains lieux, se développent des coopératives pour l’exploitation d’énergies renouvelables, qui permettent l’autosuffisance locale. Elles peuvent faire la différence dans la lutte contre le changement climatique, grâce un sens communautaire fort et à l’amour pour sa terre » rappelait-il.

Dans le passé, le Souverain Pontife avait déjà salué le rôle des coopératives, qui permettent « d’opposer le rapport à l’individualisme, l’équipe à l’intérêt, le bien-être de tous aux intérêts de quelques-uns. Ceux qui ont trouvé une coopérative croient en une autre façon de produire, une autre façon de travailler, une autre façon d’être dans la société », avait-il déclaré.

 

Le 14 juin 2021, lors de la conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le pape François a adressé un message pris la peine d’adresser un message aux participants en souhaitant notamment le développement d’une économie circulaire « qui garantisse des ressources pour tous, y compris pour les générations futures, et qui promeuve l’usage d’énergies renouvelables ».