Tesla n’acceptera plus les paiements en bitcoin a déclaré hier Elon Musk. L’annonce communiquée comme d’habitude sur Twitter fait suite à la publication d’un article dans la revue scientifique Nature. L’étude menée par des scientifiques chinois pointe une fois de plus du doigt les  consommations énormes d’énergie et les émissions de CO2 qui accompagnent le « minage » de la cryptomonnaie.

Le constructeur emblématique de véhicules électriques se présente comme un champion de l’énergie verte, mais quand, début février, il a révélé un investissement de 1,5 milliard de dollars dans le bitcoin, nombreux sont ceux qui ont froncé les sourcils. Plus d’un fan de la marque n’a d’ailleurs pas manqué de manifester sa déception. Quelques jours plus tard le tweet d’Elon Musk « Vous pouvez maintenant acheter nos voitures en bitcoin » avait fait monter le prix de la devise virtuelle. Au point qu’à la fin du premier trimestre, la valeur du portefeuille de Tesla dans la cryptomonnaie avait presque doublé.

Qu’est-ce qui a donc bien pu piquer le fantasque milliardaire pour qu’il annonce hier la suspension des achats de ses voitures avec la devise virtuelle ? « Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions de gaz à effet de serre de tous les combustibles », a-t-il expliqué sur Twitter, son moyen de communication favori.

5,4% des émissions chinoises

Ce revirement d’Elon Musk pourrait être lié à la publication récente dans la revue scientifique Nature Communications d’une étude réalisée par des scientifiques chinois. Les émissions de carbone liées au processus de “minage” de la cryptomonnaie en Chine atteindront 130 millions de tonnes en 2024. Soit l’équivalent des émissions de CO2 annuelles de pays comme l’Italie ou l’Arabie.

L’équipe de chercheurs dirigée par Guan Dabo, professeur en économie du changement climatique à l’université Tsinghua de Pékin, démontre que d’ici trois ans, cette activité consommera 297 milliards de kilowattheures d’énergie et représentera environ 5,4 % des émissions de carbone dues à la production d’électricité dans le pays. Pour Guan Dabo, « si Pékin veut réellement parvenir à la neutralité carbone en 2060, des réglementations visant le minage de bitcoins devront être mises en œuvre ».

Un revers pour le bitcoin

L’annonce surprise de Musk constitue un revers pour le bitcoin. « La cryptomonnaie est une bonne idée à plein de niveaux et nous pensons qu’elle a un avenir prometteur, mais cela ne doit pas compromettre l’environnement ”, a précisé le boss de Tesla. « Nous ne vendrons pas de bitcoins et nous les utiliserons pour des transactions dès que les mines seront alimentées par des énergies plus durables » , a-t-il ajouté.

A la suite de ces déclarations, les marchés des devises virtuelles se sont fort logiquement effondrés. De nombreux détenteurs de bitcoins ont cédé au phénomène du « panic sell », et les ont vendus par peur de perdre sa mise. Le cours du bitcoin a ainsi fait une chute vertigineuse. Alors qu’une unité valait un peu plus de 45.000 € avant le tweet, le bitcoin a ensuite perdu jusqu’à 17% de sa valeur en passant sous la barre symbolique des 40.000€. La monnaie s’est ensuite mise à fluctuer entre 40.500€ et 42.000€. Mais si le tweet d’Elon Musk ne parlait que du Bitcoin, ce sont bien 19 des 20 cryptomonnaies qui sont actuellement en chute. Seul le Cardano, une blockchain open source, a vu son cours fluctuer vers le haut.

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