
La filière des énergies renouvelables électriques en France est en crise. Après des années de croissance, de soutien public constant, la filière ne pensait pas vivre des plans sociaux, gels d’embauches et faillites.
La crise solaire de 2013 n’a guère laissé ses empreintes dans les politiques publiques. En Europe, premier marché mondial pour les panneaux photovoltaïques, la baisse des tarifs de rachat de l’électricité solaire décidée par les gouvernements avait fait plonger la demande.
Aujourd’hui, c’est une demande en électricité stagnante qui fait plonger la filière renouvelable, sans objectifs.
Les ENR, c’est 40 000 emplois. Lorsque le moratoire photovoltaïque avait été décrété, 25 à 30 % des emplois avaient été supprimés. Le choc pourrait être similaire si rien ne change aujourd’hui.
À lire aussiFaut-il vraiment freiner le déploiement des énergies renouvelables ?La crise touche actuellement toutes les tailles d’entreprise. Greenunivers, dans une enquête passionnante, a recensé les mouvements d’effectifs dans différentes entreprises ENR. Boralex France a lancé un plan de sauvegarde de l’emploi, RWE réduit ses équipes offshore et Okwind annoncé un plan social.
Chez EDF Power Solutions, les recrutements sont gelés et plusieurs dizaines de contrats ne sont pas renouvelés. Chez TotalEnergies Renouvelables et Engie Green, des départs sont non remplacés.
Chez les PME, même situation critique. Elements pourrait perdre un quart à un tiers de ses effectifs et Voltalia a réduit les équipes de sa filiale « Maison Solaire ».
Des TPE comme Beem Energy et Vergnet ont ouvert des procédures judiciaires et plusieurs installateurs photovoltaïques ont fermé. Le segment des petites toitures solaires, très sensible aux baisses tarifaires, est loin d’être épargné.
Les profils de développement de projets (chefs de projet, chargés d’études environnementales, agent en charge de trouver le foncier) sont les plus exposés : 15 à 25 % de ces postes seraient menacés.
À lire aussiLe soutien aux ENR va coûter plus cher que prévu en 2025Les causes sont connues : retard de publication de la PPE, absence d’appels d’offres pour 2026, baisse des tarifs et incertitude politique. Les appels d’offres sont bloqués et le gouvernement laisse toujours planer le doute sur la date de publication de la PPE. Une mission Lévy-Thuot pour « repenser le soutien public aux énergies renouvelables et au stockage d’électricité », un plan pour relancer la demande en électricité, autant de moyens de temporiser employés par le gouvernement.
Selon l’avocat Arnaud Gossement sur Linkedin, la filière subit une « casse politique, industrielle et sociale ». Le SER, Enerplan et autres syndicats se mobilisent. Roland Lescure, ministre de l’économie, cherche à rassurer quant à la sortie de la PPE.
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