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Transformer les ordures en énergie : un potentiel colossal mais sous-exploité

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Par Hector PIETRANIPublié le 26 janvier 2026
Illustration : Getty.

Veolia affirme que l’Europe a un gisement énergétique à exploiter à partir des déchets. Nous serions assis sur une montagne de déchets équivalente à la production nucléaire mondiale.

Lors d’une conférence organisée par l’Association des journalistes de l’énergie, Estelle Brachlianoff, CEO de Veolia, a voulu marquer les esprits avec cette affirmation : l’Union européenne disposerait d’un potentiel théorique de 400 gigawatts (GW) d’énergie de récupération — chaleur des eaux usées, incinération de déchets non recyclables, biogaz, chaleur fatale industrielle. Pour montrer l’ampleur du gisement encore inexploité dans l’économie circulaire européenne, elle compare cette puissance à la puissance nucléaire installée mondiale.

C’est bien sûr le gisement le plus large considéré. Il ne se cantonne pas aux seules unités d’incinération classiques, il y a d’autres formes d’énergie de récupération.

Sur son site, Veolia détaille ces autres procédés moins connus : transformation des déchets ménagers en électricité et en chaleur, valorisation du biogaz issu des installations de stockage et des boues d’épuration, production et valorisation des combustibles solides de récupération (CSR) et conversion de ces flux en chaleur utile pour des réseaux de chauffage urbain ou des process industriels.

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Des « boucles locales d’énergie décarbonante »

C’est un argument vertueux qu’avance Véolia : se passer d’énergies fossiles en valorisant l’énergie sinon perdue sous forme de « boucles locales d’énergie décarbonante » qui peuvent réduire le rythme des émissions de gaz à effet de serre.

Pour mesurer ce potentiel, il faut distinguer capacités installées et production effective annuelle. Les 400 GW évoqués par Mme. Brachlianoff représentent une capacité maximale théorique, pas une production garantie. Par exemple, la valorisation du biogaz issu de déchets enfouis génère, selon elle, plusieurs centaines de milliers de MWh par an.

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Un exemple déjà en service en France

Il existe des exemples comme en Gironde, où le Pôle d’écologie industrielle de Lapouyade, opéré par Veolia, est devenu un site de valorisation énergétique en France. Depuis 2015, il convertit des déchets locaux non recyclables en biogaz et injecte environ 45 000 mégawattheures (MWh/an) d’électricité dans le réseau, c’est l’équivalent de la consommation électrique de plus de 20 000 habitants, tout en produisant de la chaleur pour des serres agricoles.

Ce site ne se contente plus de produire de l’énergie : il participe désormais à la flexibilité du réseau électrique national, en modulant sa production en temps réel selon les besoins du gestionnaire de réseau, et il est rémunéré pour cela.

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