Pour Tesla et le bitcoin, on croyait la lune de miel terminée lorsqu’Elon Musk a supprimé l’année dernière la possibilité d’acheter ses voitures électriques au moyen de cette cette cryptomonnaie. Mais avec le fantasque milliardaire, il faut s’attendre à tout. Tesla vient de confirmer la construction d’une ferme solaire et d’une batterie géante qui alimenteront en électricité une « mine » de bitcoins.

Le constructeur emblématique de véhicules électriques se présente comme un champion de l’énergie verte, mais quand, début février 2021, il révèle un investissement de 1,5 milliard de dollars dans le bitcoin, nombreux sont ceux qui froncent les sourcils. Plus d’un fan de Tesla n’a d’ailleurs pas manqué de manifester sa déception.

Quelques jours plus tard le tweet d’Elon Musk « Vous pouvez maintenant acheter nos voitures en bitcoin » avait fait monter le prix de la devise virtuelle. Au point qu’à la fin du premier trimestre, la valeur du portefeuille de Tesla dans la monnaie virtuelle avait presque doublé.

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L’idylle d’Elon Musk pour les cryptomonnaies ne s’est pas éteinte

Après quelques semaines passées à essuyer des salves de critiques, Elon Musk se ravisait et annonçait à la surprise générale la suspension des achats de ses véhicules avec des bitcoins. « Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions de gaz à effet de serre de tous les combustibles », avait-il alors expliqué sur Twitter, son moyen de communication favori. « Nous ne vendrons pas de bitcoins et nous les utiliserons pour des transactions dès que les « mines » seront alimentées par des énergies plus durables », avait-t-il ajouté.

Mais l’été dernier, Elon était revenu sur la question en déclarant qu’il « constate des améliorations dans le mix énergétique utilisé pour miner des bitcoins » Quand il a ajouté que Tesla pourrait bientôt accepter de nouveau les paiements en cryptomonnaies, il était clair que l’idylle du « boss » pour le bitcoin ne s’était pas réellement éteinte.

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La centrale photovoltaïque de Tesla va miner des bitcoins

Nous n’avons dés lors pas été étonnés lorsqu’il y a quelques jours, Blockstream et Jack Dorsey’s Blocks (anciennement Square), deux entreprises de San Francisco spécialisées dans les technologies de la blockchain en lien avec le minage de cryptomonnaies, ont annoncé un investissement dans une ferme photovoltaïque de 3,8 MW, adossée à une batterie géante de 12 MWh, lesquelles seront construites par Tesla et alimenteront une « mine » de bitcoins. « La construction a commencé et nous sommes impatients d’exploiter les innovations que nous avons intégrées à cette réalisation », ont déclaré les partenaires.

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Selon Blockstream, l’installation, qui devrait être achevée avant la fin de l’année,  aura une capacité de 30 petahashes par seconde et sera alimentée par 100 % d’énergie solaire, la batterie géante assemblée avec des megapacks Tesla étant conçue pour lisser la production variable des panneaux.

Le « hashrate », ou « taux de hashage », permet de mesurer la puissance avec laquelle une ferme d’ordinateurs peut « miner » des monnaies virtuelles, c’est-à-dire la vitesse à laquelle elle effectue des calculs. Quant au préfixe péta, peu utilisé, c’est un multiplicateur des unités de mesure qui correspond à 1015 c’est-à-dire mille téra- ou un million de giga-.

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D’énormes quantités d’énergie sont consommées

La puissance de calcul des machines qui « minent », c’est-à-dire produisent les cryptomonnaies, est proportionnelle à leur valeur. S’il y a plusieurs années il suffisait encore d’un simple PC, il est nécessaire aujourd’hui de disposer de fermes d’ordinateurs très puissants dotés de cartes graphiques spécifiquement conçues.  Celles-ci consomment d’énormes quantités d’énergie : selon les experts de l’Université de Cambridge, la fabrication de la crypto-monnaie a nécessité en 2020 environ 120 térawattheures (TWh) d’électricité, soit 4 fois plus que 3 ans auparavant.  Cela équivaut à la consommation annuelle de pays comme l’Argentine ou les Pays-Bas. Une seule transaction en bitcoin dépense actuellement plus d’énergie qu’une maison individuelle en un mois.

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