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Comment le solaire décentralisé restructure le marché africain

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Par Miotisoa RANDRIANARISOAPublié le 1 mars 2026
Illustration : Wikimedia - iAfrica76

À son rythme, le solaire en Afrique poursuit sa montée. L’année 2025 aura été marquante pour le continent qui vient d’enregistrer un nouveau record de croissance en la matière. Une progression à laquelle les petites installations ont largement contribué.

L’Afrique est passée à la vitesse supérieure. En 2025, elle a doublé son rythme d’installation photovoltaïque. D’après le Global Solar Council (GSC), près de 4,5 GW ont été ajoutés au cours de l’année, soit une hausse de 54 % par rapport à 2024. À titre de comparaison, ce volume correspond à peu près à ce que la France a installé entre janvier et septembre de l’année dernière. À l’échelle africaine, il s’agit d’un record historique.

Le marché est cependant concentré sur seulement une dizaine de pays. En tête, l’Afrique du Sud, seul État à avoir dépassé le gigawatt de nouvelle puissance en 2025 (1,6 GW). Au total, huit pays seulement ont franchi la barre des 100 MW installés sur l’année : l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc, la Zambie, la Tunisie et le Botswana. C’est encore limité, mais le nombre de marchés actifs double par rapport à l’année précédente.

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Une croissance portée par le solaire distribué

Si la croissance du solaire en Afrique a toujours été dominée par les grandes centrales au sol, les choses commencent à évoluer.  Les installations décentralisées (résidentielles, commerciales et industrielles, mini-réseaux et hors réseaux) gagnent du terrain. Officiellement, le solaire décentralisé représente 44 % des capacités installées, mais selon le GSC, ce chiffre est probablement sous-estimé en raison de la dispersion et de la petite taille des projets.

Cette montée en puissance des petites installations est principalement motivée par une contrainte structurelle : la fragilité des réseaux électriques. Dans de nombreux pays, les coupures sont fréquentes et les tensions très instables. Les tarifs tendent également à augmenter. Le solaire, semblerait-il, est loin d’être un choix environnemental pour la plupart. Il constitue plutôt une solution (peut-être la meilleure) de sécurité énergétique. Ménages et entreprises cherchent avant tout à garantir leur approvisionnement.

Les mini-réseaux et les solutions hors réseau permettent par ailleurs d’électrifier rapidement des zones mal desservies. Pour de nombreuses communautés rurales, ces solutions représentent l’option la plus réaliste, du moins à court et moyen termes.

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Des défis persistants

Pour autant, des obstacles continuent de freiner le solaire en Afrique. L’un des principaux verrous reste le financement. Si le prix des modules photovoltaïques et des batteries a fortement reculé, l’accès au capital est toujours complexe, même pour les petites installations. Les ménages et les PME, qui constituent le cœur du marché décentralisé, disposent rarement de solutions de crédit adaptées et abordables.

Du côté des investisseurs, la volatilité des devises, l’instabilité réglementaire dans certains pays et la fragilité des cadres contractuels découragent les financements. Par ailleurs, les procédures d’autorisation sont souvent longues et complexes, ce qui alourdit les coûts et les délais de développement.

Outre les problèmes de financement, il y a évidemment le défi des infrastructures électriques. Les réseaux vieillissants peinent à intégrer des productions variables. L’insuffisance des lignes de transport et de distribution limite l’injection des surplus d’électricité et peut entraîner des restrictions, voire des pertes. À mesure que le solaire progresse, la modernisation des réseaux devrait être une des plus grandes conditions à la poursuite de cette croissance.

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