
La Cour des comptes regrette que la géothermie ne représente que quelques miettes du mix énergétique et donne ses préconisations.
La géothermie coche toutes les cases de la transition énergétique : locale, renouvelable, décarbonée et disponible en continu. Pourtant, elle ne représente encore qu’un pourcent de la consommation finale de chaleur en France et 5,5 % de la production thermique des réseaux en 2023. C’est le constat sévère de la Cour des comptes dans son rapport publié le 13 janvier. Selon les Sages de la rue Cambon, les aides publiques ne suffisent pas, en l’état, à lever les freins structurels qui empêchent la filière de décoller.
À lire aussiCette université troque le gaz pour une pompe à chaleur géothermiqueLa géothermie de surface, une technique d’exploitation du sous-sol jusqu’à 200 m pour produire chaleur et froid, reste marginale même dans le logement collectif. Ses performances énergétiques et environnementales sont louables mais le triplement de sa production d’ici 2035 apparaît « peu réaliste » sans simplification des règles et sécurisation juridique des investissements, juge la Cour.
La géothermie profonde, elle qui alimente les réseaux de chaleur urbains, est considérée par la Cour comme technologiquement mature et compétitive. Pourtant, ses coûts initiaux (un Capex jusqu’à 16 millions d’euros par projet) et l’incertitude sur la ressource géologique la ralentissent. Les délais administratifs sont souvent longs et compliqués par des décisions récentes du Conseil d’État.
Pour relancer la filière, la Cour préconise plusieurs actions. Repenser les aides financières, clarifier la couverture des risques liés aux forages et renforcer la connaissance du sous-sol. Elle recommande aussi de mobiliser des innovations déjà matures : boucles d’eau tempérée, stockage thermique souterrain, valorisation des saumures et extension des réseaux de chaleur au froid. Ces leviers permettraient d’améliorer la rentabilité des projets et l’efficacité des soutiens publics.
À lire aussiForage « en étoile » : cette technique méconnue veut rendre la géothermie accessible à tousEt même si la géothermie est quasi inexistante en métropole, c’est ultra-stratégique pour les territoires ultramarins. En Guadeloupe et à La Réunion, les centrales produisent déjà de l’électricité décarbonée à faible coût. La Cour souligne la nécessité d’adapter la couverture du risque de forage outre-mer pour exploiter pleinement ce potentiel.
Dans sa réponse à la Cour de Comptes, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) reconnaît les constats, on peut dire alarmants, du rapport sur la géothermie tout en présentant, quand même, les mesures déjà engagées pour lever les freins à son développement. Le plan d’action national géothermie, lancé en 2023, pour renforcer les capacités de forage, l’adaptation du cadre réglementaire, le soutien des porteurs de projets et la promotion de la géothermie outre-mer et à l’export, voilà quelques exemples.
La DGEC tient à souligner que certaines recommandations de la Cour sont déjà mises en œuvre, notamment le relèvement à 2 MW du seuil de minime importance, le réaménagement du fonds de garantie et la révision du dispositif de couverture du risque de forage.
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