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La majorité des panneaux photovoltaïques installés en France proviennent encore d’Asie. Pourtant, la filière industrielle française se réorganise. Fabrication bas-carbone, relocalisation et souveraineté énergétique : quelles marques produisent réellement en France en 2026 ? Et avec quel impact environnemental ?
Le solaire est une énergie renouvelable, mais sa fabrication n’est pas neutre. Les cellules photovoltaïques sont composées de silicium, dont la transformation nécessite une forte consommation d’électricité. Or, l’empreinte carbone d’un panneau dépend largement du mix électrique utilisé lors de sa fabrication. C’est là que la production française peut faire la différence.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 60 % de l’électricité utilisée dans la fabrication mondiale des panneaux solaires provient encore du charbon. Cette étape concerne surtout la production des lingots et wafers de silicium.
En Europe, l’empreinte carbone d’un module photovoltaïque est estimée entre 25 et 45 gCO₂/kWh sur l’ensemble de son cycle de vie. Pour des modules issus de régions très carbonées, elle peut dépasser 60 gCO₂/kWh. La France bénéficie d’un mix électrique largement bas-carbone. Produire des panneaux sur le territoire réduit donc mécaniquement leur empreinte environnementale. Le transport ne représente qu’environ 3 % des émissions totales selon l’AIE. L’essentiel se joue lors de la fabrication. Enfin, un panneau solaire compense l’énergie nécessaire à sa production en 1 à 1,5 an selon l’ADEME. Sa durée de vie dépasse 30 ans. Opter pour une fabrication française constitue donc un levier pertinent pour réduire l’empreinte carbone du photovoltaïque.
Dans la majorité des cas, l’expression signifie que l’assemblage du module est réalisé en France. Les cellules, wafers et lingots restent souvent importés.
| Composant | Origine majoritaire en 2026 |
|---|---|
| Lingots de silicium | Chine |
| Wafers | Chine / Asie |
| Cellules | Chine ou Europe selon fabricant |
| Assemblage du module | France |
Quelques industriels cherchent toutefois à relocaliser l’ensemble de la chaîne de valeur. La capacité européenne reste limitée, mais plusieurs projets sont en cours.

| Fabricant | Localisation | État | Spécificité | Cellules françaises ? |
|---|---|---|---|---|
| Photowatt | Isère | Liquidé 🔴 | Intégration lingots et wafers | Partiellement |
| Voltec Solar | Alsace | Actif 🟢 | Faible empreinte carbone | Assemblage France |
| Systovi | Loire-Atlantique | Liquidé 🔴 | Panneaux aérovoltaïques | Assemblage France |
| DualSun | Ain | Actif 🟢 | Panneau hybride Spring | Oui, pour la gamme Spring |
| Carbon | Fos-sur-Mer | Projet 🟡 | Usine de très grande capacité | Objectif production complète |
Le prix d’une installation résidentielle varie généralement entre 1 700 et 2 500 € par kWc installé. Les panneaux fabriqués en France peuvent afficher un surcoût de 5 à 15 % par rapport à des modules asiatiques standards. Le temps de retour sur investissement se situe en moyenne entre 8 et 12 ans selon l’ensoleillement et le taux d’autoconsommation.
L’origine du module n’influence pas l’accès à la plupart des dispositifs nationaux. Une installation réalisée par un professionnel RGE permet d’accéder :
Le recours à un installateur qualifié reste déterminant pour sécuriser l’investissement.
Très peu d’acteurs maîtrisent l’ensemble de la chaîne, du silicium à l’assemblage. La majorité des panneaux fabriqués en France utilisent encore des composants importés.
Oui, en raison d’un mix électrique bas-carbone lors de leur fabrication. Leur empreinte carbone peut être inférieure à celle de modules produits dans des régions très carbonées.
Un léger surcoût est observé. Il reste généralement compris entre 5 et 15 % selon les modèles.
La durée de vie dépasse souvent 30 ans. Les garanties fabricants varient entre 20 et 30 ans selon les gammes.
Plusieurs projets industriels visent à relocaliser la production. La dépendance reste forte, comme nous l’expliquions dans notre analyse sur la dépendance aux panneaux photovoltaïques chinois.
Choisir des panneaux solaires fabriqués en France répond à plusieurs enjeux. La fabrication locale permet de réduire l’empreinte carbone du module grâce à un mix électrique largement décarboné. Ensuite, privilégier une production nationale soutient la réindustrialisation du territoire. Plusieurs projets de giga-usines, notamment à Fos-sur-Mer, visent à relocaliser la production de cellules et de modules.
Cependant, la filière reste encore dépendante des importations asiatiques pour certains composants stratégiques, en particulier les wafers et les lingots de silicium. Par ailleurs, le surcoût observé à l’achat demeure limité. Dans la plupart des cas, il représente moins de 15 % du prix total de l’installation. Ainsi, pour un particulier, le choix dépend surtout de ses priorités : minimiser son empreinte carbone, soutenir l’industrie française ou optimiser strictement son budget.
Enfin, il convient de rappeler que le recyclage progresse également en France, comme le montre notre reportage dans une usine de recyclage de panneaux solaires. La question n’est donc plus seulement d’installer du solaire, mais de structurer une filière cohérente sur l’ensemble de son cycle de vie.
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