Numéro un mondial de l’éolien, Vestas promet des turbines entièrement recyclables d’ici trois ans. Le fabricant danois va développer une technique de retraitement des pales, un élément actuellement difficile à valoriser.

Si les éoliennes sont déjà recyclables à 85 %, il restait à trouver une solution pour les pales. Elles sont en effet fabriquées avec un mélange de résines époxy et de fibres de verre ou carbone, qu’aucun procédé ne permettait jusque-là de recycler en fin de vie. Associé au leader de l’époxy Olin, à l’Institut de technologie danois et à l’Université d’Aarhus (Danemark), Vestas veut mettre au point une technique pour séparer ces composants. Il a lancé le programme CETEC (Économie circulaire pour les composites époxy thermodurcissables, traduit de l’anglais).

 

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La solution, qui sera industrialisée d’ici 3 ans, doit inaugurer quelques nouveautés. Elle devra parvenir à fracturer et transformer par la chimie les molécules d’époxy usagées en résines vierges, prêtes à intégrer des pales neuves. De leur côté, les fibres de verre ou de carbone peuvent déjà être valorisées dans des filières de recyclage existantes. Une avancée majeure, alors que l’industrie éolienne doit générer 43 millions de tonnes de déchets d’ici 2050 selon une étude l’Université de Cambridge.

Il reste à déterminer l’impact carbone et environnemental du procédé de recyclage des époxys. Outre la valorisation énergétique du broyat de pales en tant que combustible dans les cimenteries, d’autres méthodes, peu utilisées mais déjà au point, existent pour valoriser les pales en fin de vie. Aux États-Unis, certaines sont broyées pour être transformées en un composite polyvalent. Le matériau peut être exploité pour fabriquer toutes sortes d’objets, du meuble à la plaque d’égout. Aux Pays-Bas et au Danemark, les pales sont simplement découpées pour créer des équipements urbains (bancs, aires de jeux, abris…). Une forme de recyclage particulièrement écologique puisqu’elle n’implique aucune transformation chimique.