
L’électrification des usages pourrait bien être un sujet majeur de l’année 2025 et de l’année 2026. Selon RTE, si la production électrique suit une évolution encourageante au regard des objectifs de décarbonation, la consommation électrique ne décolle toujours pas. Pour que la France tienne ses engagements en la matière, il va falloir agir rapidement en faveur d’une hausse de la consommation électrique, en particulier pour l’industrie.
La production d’électricité française est au beau fixe. Après une année 2024 remarquable, EDF a confirmé en produisant près de 544 TWh sur l’année, dont 373 TWh d’origine nucléaire. Les problèmes de corrosion sous contrainte qui avaient conduit à une année 2022 catastrophique en matière de production (279 TWh) semblent désormais loin derrière. Néanmoins, la question de l’énergie reste centrale, en particulier parce que la consommation électrique française est en berne depuis plusieurs années.
À lire aussiDétaxer l’électricité, encourager les pompes à chaleur et voitures électriques : ils veulent hyper-électrifier la FranceLes raisons de cette stagnation de la consommation sont multiples. Depuis la crise du Covid, la hausse des coûts de l’électricité a modifié les habitudes des Français et a entaché le dynamisme industriel du pays. Dans le même temps, la voiture électrique peine à se démocratiser, notamment à cause de tarifs trop élevés sur le marché du neuf, de craintes et difficultés d’accès à la recharge pour certains automobilistes.
Dans le domaine de l’industrie, l’électrification des moyens de production ne se concrétise pas, et les nouveaux projets d’envergure ne sont pas assez nombreux. Pour comprendre les mécanismes de cette situation, le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu vient de lancer une commission d’enquête parlementaire portant sur « l’identification et la levée des freins à l’électrification des industries ». D’une durée de six mois, cette mission a pour objectif de mettre en évidence les obstacles qui empêchent une électrification de l’industrie française et de proposer des solutions pour y remédier.
À lire aussiLa France va consommer beaucoup moins d’électricité que prévu selon RTECe n’est pas un hasard si c’est Raphaël Schellenberger qui a été nommé à la tête de cette commission d’enquête. Le député LR du Haut-Rhin est un habitué du sujet de l’énergie. En 2023 déjà, il avait présidé une enquête parlementaire sur « les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France ». Le rapport de cette enquête avait essuyé de nombreuses critiques sur l’omniprésence de la thématique nucléaire par rapport aux autres modes de production d’énergie et sur la prise en compte presque unique de l’électricité. Malgré ces critiques, le travail fourni avait été unanimement salué, avec près de 150 heures d’auditions conduisant à un rapport de 500 pages.
Récemment, le député a publié une tribune dans les pages du journal Le Point en présentant cinq mesures à adopter « pour renouer avec une stratégie de puissance énergétique ». Parmi ces cinq mesures, l’électrification des usages et en particulier de l’industrie arrive en première position, signe de l’intérêt du député pour cette thématique.
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