
Après s’être lancé dans l’éolien offshore, Samsung étend désormais ses ambitions au nucléaire flottant. Le groupe sud-coréen travaille sur une nouvelle plateforme maritime dédiée aux petits réacteurs modulaires (SMR), un projet qui vient de franchir une grande étape avec l’obtention d’une importante approbation.
Et si l’avenir du nucléaire passait par les océans ? De plus en plus de pays s’intéressent désormais au développement de centrales nucléaires en mer. Ces installations flottantes offrent plusieurs atouts : elles peuvent alimenter en électricité des zones côtières, des territoires insulaires ou des régions isolées, mais aussi répondre aux besoins énergétiques de sites industriels offshore. Pilotables et bas-carbone, elles constituent également une source de chaleur industrielle, notamment pour des projets tels que le dessalement de l’eau de mer ou la production d’hydrogène.
Dans ce contexte, un nouveau marché est ainsi en train d’émerger. Et Samsung, à travers sa filiale Samsung heavy industries (SHI), entend s’y positionner comme un futur grand acteur. L’entreprise a développé une plateforme flottante capable d’accueillir deux réacteurs modulaires appelés SMART100, conçus par l’Institut coréen de recherche sur l’énergie atomique (KAERI). Encore très loin de la commercialisation, le projet semble en bonne voie. Ce début d’année, la technologie a reçu une approbation de principe de l’American bureau of shipping, une société de classification maritime qualifiée dans la certification des navires, des plateformes offshore ou des unités flottantes.
À lire aussiCette société veut créer une centrale nucléaire flottante pour décarboner les zones insulairesCette approbation ne vaut toutefois ni autorisation de construction ni feu vert pour l’exploitation. Elle valide plutôt la faisabilité globale du concept. Concrètement, elle confirme que la solution proposée est techniquement cohérente et qu’elle peut, en théorie, être développée dans le respect des exigences de sûreté et de conception en vigueur. Ce document permettra de crédibiliser la démarche de Samsung auprès de ses futurs partenaires industriels, des investisseurs et des autorités de régulation.
Plusieurs étapes réglementaires restent encore à franchir avant toute mise en chantier. Une fois ces autorisations obtenues, SHI, en tant que concepteur de la structure flottante, sera chargé de développer le système de confinement à barrières multiples et d’assurer l’intégration des réacteurs au sein de la plateforme. KAERI, de son côté, fournit la technologie nucléaire. Les réacteurs SMART100 affichent une puissance thermique de 365 MW et une puissance électrique de 110 MW chacun.
À lire aussiCette plateforme va extraire l’uranium de l’eau de mer pour alimenter des centrales nucléairesDans une optique de commercialisation, Samsung a misé sur la flexibilité. La plateforme a été pensée pour pouvoir accueillir différents modèles de réacteurs nucléaires, et pas uniquement le SMART100. Cette adaptabilité est assurée grâce à une architecture compartimentée, où chaque fonction (réacteur, production d’électricité, systèmes de sûreté) est isolée dans un module dédié. En pratique, seul le compartiment abritant le réacteur doit être modifié pour intégrer un autre SMR, le reste de la plateforme restant inchangé.
Reste maintenant à savoir si ces fameux SMR flottants parviendront à franchir les obstacles réglementaires et économiques pour passer du stade du concept à celui d’une solution industrielle à grande échelle.
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