
Si vous voulez payer moins cher votre facture d’énergie, déménagez dans le Cantal ! À force d’abnégation et d’expérimentations, un ancien Lyonnais a réussi à réduire au minimum ses différentes factures en rénovant sa maison. Voici ses secrets.
Pour Didier Flipo, la situation du détroit d’Ormuz n’est que le cadet de ses soucis, et pour cause. Voilà plus de 10 ans que cet habitant du Cantal s’évertue à construire un havre de tranquillité, à l’abri des tracas du monde, et surtout des variations du prix de l’énergie. Pour y parvenir, il ne cesse d’expérimenter pour rendre sa maison la plus résiliente possible, et ça marche. En combinant isolation de qualité et poêle de masse (aussi appelé poêle à accumulation), il a réussi à réduire sa facture de chauffage à une peau de chagrin.
Outre l’isolation de son logement, réalisée en laine de bois et en ouate de cellulose, c’est le poêle de masse qui en fait l’originalité. D’inspiration finlandaise, ce poêle à bois permet de maintenir une température intérieure constante de 19°C, même durant les froides nuits du Cantal. Grâce à une conception bien précise, l’énergie dégagée par un feu d’une heure par jour, qui atteint 1 200 °C, est stockée dans ses briques réfractaires puis redistribuée dans tout le logement pendant 24 heures. Le poêle est alimenté grâce à des croûtes de scierie obtenues à 25 €/m³, pour environ 4 m³ consommés chaque année.
La construction d’un tel poêle représente un investissement important. Didier Flipo estime le coût de son installation à environ 10 000 € en auto-installation. Mais selon ses dires, l’ensemble aurait été rentabilisé en 7 ou 8 ans.
À lire aussiComment isoler efficacement sa maison pour pas cher ?Didier Flipo ne s’est d’ailleurs pas arrêté là. Il a également mis en place une installation photovoltaïque associée à des batteries acide-plomb qui lui permettent de réduire par deux sa facture d’électricité. Enfin, des panneaux solaires thermiques permettent d’obtenir de l’eau chaude à moindre effort.
Il faut bien l’admettre, rendre sa maison résiliente n’est pas une simple formalité, mais plutôt un engagement sur le long terme. Comme évoqué lors d’une présentation vidéo de sa maison, prendre la voie de la résilience, c’est choisir l’expérimentation au quotidien, en particulier dans le cadre de la rénovation d’un logement. Il faut pouvoir s’adapter aux caractéristiques intrinsèques du bâtiment, mais aussi de son environnement. Dans ces conditions, difficile de ne pas mettre la main à la patte. D’ailleurs, l’utilisation de « systèmes alternatifs » demande souvent une organisation minutieuse au quotidien pour fonctionner parfaitement. Le poêle doit être allumé de manière régulière, les toilettes sèches entretenues, les réserves d’eau de pluie vérifiées et les batteries contrôlées.
Chronophage, ce mode de vie paraît peu compatible avec le quotidien du plus grand nombre, et se montre difficile à transposer aux zones urbaines. Néanmoins, les éclaireurs de la résilience, comme Didier Flipo, ont le mérite de débroussailler le champ des possibles, et de nous transmettre les idées qui fonctionnent le mieux, et permettent ainsi à chacun d’alléger sa facture en fonction de ses possibilités et de ses moyens. D’ailleurs, Didier Flipo et son collègue Rémi Richart ont partagé leurs quelque 25 années d’expérience en la matière dans le livre Maison résiliente, aux éditions Terran.
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