
L’État publie le premier appel d’offres hydrogène avec plusieurs années de retard. Il vise à soutenir la production d’hydrogène décarboné dans l’Hexagone.
Le 29 décembre, Bercy a publié le cahier des charges du premier appel d’offres national destiné à soutenir la production d’hydrogène décarboné par électrolyse. Piloté par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) et opéré par l’Ademe, le dispositif accompagnera sur quinze ans le développement d’une offre d’hydrogène décarboné destinée aux usages industriels.
À lire aussiTout savoir sur les couleurs de l’hydrogène : vert, bleu, gris, jaune, blanc, brun, rose, noir, turquoiseL’objectif est de faire émerger 1 gigawatt (GW) de capacités d’électrolyse en France. Une première puissance de 200 MW est concernée par cet appel d’offres, pour lequel dix projets ont déjà été présélectionnés à l’issue d’un dialogue concurrentiel engagé fin 2024. Les présélectionnés s’adressent à la sidérurgie, la chimie ou la production d’engrais, hors raffinage, est précisé dans le communiqué de presse.
Le soutien est une aide proportionnelle aux volumes produits, afin de rendre l’hydrogène décarboné compétitif face à l’hydrogène fossile. Le soutien pourra aller jusqu’à 4 euros par kilogramme d’H₂ produit. Les projets seront de l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable ou bas carbone, nucléaire compris.
Les présélectionnés devront respecter certains critères. La part des composants d’électrolyseurs provenant d’un « pays prépondérant » (la Chine dans le viseur) doit être limitée à 25 % et les installations devront être capables de réduire leur production en cas de tension sur le réseau électrique. La flexibilité que les électrolyseurs peuvent offrir au réseau est gigantesque. Les offres finales devront être déposées avant le 27 février 2026 pour une désignation des lauréats attendue mi-2026.
À lire aussiMontpellier annule une commande de 51 bus à hydrogène et opte pour une flotte électriqueCe premier appel d’offres arrive dans un contexte délicat pour la filière, c’est peu dire qu’il était attendu. Après une phase d’euphorie au début des années 2020, plusieurs projets ont été ralentis ou abandonnés sur fond de coûts élevés et de débouchés encore incertains.
Son périmètre est aussi un changement de cap. Alors que les premières politiques publiques misaient largement sur la mobilité hydrogène, absente du périmètre de l’appel d’offres à l’exception des carburants durables pour l’aérien, l’État se focalise désormais sur les usages industriels les plus difficiles à décarboner. Un recentrage du périmètre qui fait écho aux critiques de la Cour des comptes sur lesquelles nous écrivions. Dans un rapport publié à l’automne, les sages jugeaient la stratégie hydrogène française trop dispersée et appelaient à cibler prioritairement les usages où l’hydrogène est réellement pertinent.
Avec ce premier appel d’offres, le gouvernement recentre la stratégie française sur l’industrie et sur les volumes pour obtenir un H2 décarboné alors que la filière de la production et de vecteurs de stockage est elle aussi en difficulté.
La suite de votre contenu après cette annonce
Notre Newsletter
Ne ratez plus les dernières actualités énergetiques
S'inscrire gratuitement