AccueilÉnergies fossilesLe prix de l'électricité explose sur les marchés suite au conflit iranien

Le prix de l'électricité explose sur les marchés suite au conflit iranien

Photo de l'auteur
Par Hector PIETRANIPublié le 4 mars 2026
Des lignes électriques proches de Ras Laffan au Qatar / Image : Wikimedia - Vincent van Zeijst.

Les prix du gaz naturel en Europe flambent avec l’arrêt de la production de gaz naturel liquéfié au Qatar suite aux attaques iraniennes. Il entraîne dans sa flambée celui de l’électricité sur les marchés, sans conséquence pour l’instant sur les factures des abonnés aux offres classiques.

La bourse du gaz (TTF) a bondi en quelques heures à 47 euros le mégawattheure (€/MWh) alors qu’elle s’établissait à 30 €/MWh en février. À l’origine de cette explosion des prix, l’attaque des États-Unis et d’Israël à laquelle l’Iran répond. L’Iran a bombardé le complexe Ras Laffan et Mesaieed au Qatar, forçant l’entreprise nationale à stopper sa production. Le Qatar est le sixième producteur mondial de gaz fossile dans le monde.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une partie des exportations mondiales de pétrole et de GNL, est paralysé. Par ailleurs, les stocks de gaz en Europe sont actuellement inférieurs à la normale pour la saison, autour de 30 % de remplissage contre 40 % l’année dernière.

À lire aussiExportation de gaz naturel liquéfié : ce pays dépasse le Qatar et devient numéro un mondial

Un rappel à notre dépendance aux énergies fossiles

Le gaz reste un combustible marginal lorsqu’on regarde la production totale d’électricité (3 % de la production en France, 17 % en Europe). Paradoxalement, il est indispensable pour sécuriser le réseau en dernier recours. Et lorsqu’une centrale à gaz est activée, c’est généralement elle qui fixe le prix. Ainsi, le coût de production de l’électricité réagit rapidement à celui du gaz.

On observe présentement cet effet. Même en France, un pays à forte production nucléaire, les prix spot observés sont parmi les plus élevés le matin et le soir par rapport à nos voisins européens alors qu’en journée, ils sont parmi les plus faibles grâce à la production solaire. Le 4 mars à 8 h, par exemple, le mégawattheure d’électricité sur le marché Spot atteignait 291 €, contre 97 €/MWh une semaine auparavant à la même heure. Le prix moyen quotidien est passé de 17,7 €/MWh les derniers jours précédents le conflit iranien à 72,5 €/MWh depuis.

À lire aussiAura-t-on trop de gaz dans les années à venir ?

L’impact est limité pour le moment

Sur les consommateurs, l’impact direct devrait rester limité. Hormis pour les contrats indexés sur les marchés de gros qui pourraient voir leurs tarifs augmenter lors des prochains renouvellements notamment pour les gros industriels. L’effet sur les factures des ménages dépendra de plusieurs facteurs : la durée des tensions géopolitiques, la structure des contrats d’énergie et l’évolution des prix internationaux du gaz et de l’électricité. La période de reconstitution des stocks de gaz avant l’hiver prochain pourrait prolonger la pression haussière sur les marchés.

Pour l’électricité, aucune conséquence pour le moment sur les offres classiques et le tarif réglementé. Cependant, les rares clients de contrats à tarification dynamique sont immédiatement impactés. Le prix du kilowattheure via l’offre dynamique Sobry a ainsi atteint un pic à 0,36 €/kWh TTC le 4 mars entre 7 et 9 h, contre 0,20 €/kWh TTC une semaine auparavant.

La suite de votre contenu après cette annonce

La suite de votre contenu après cette annonce


Voir plus d'articles