
L’électrification des usages semble bel et bien en marche, à l’échelle mondiale. C’est le constat que fait l’Agence internationale de l’énergie dans son dernier rapport. Si c’est un pas important vers le zéro carbone, l’AIE pointe du doigt de potentiels freins à cette dynamique comme le manque d’infrastructures et les besoins de flexibilité.
C’est indubitable : la consommation d’électricité augmente de manière considérable depuis plusieurs années. L’Agence internationale de l’énergie a relevé une augmentation de 4,4% en 2024, puis de 3% en 2025, atteignant 28 199 TWh. L’AIE va même plus loin en anticipant une augmentation de 19% de la consommation mondiale d’électricité d’ici 2030, pour atteindre 33 594 TWh. L’Europe montre de nouveau des signes de croissance de sa consommation électrique après 20 ans de stagnation, mais c’est bien l’Asie pacifique qui montre le plus de dynamisme de ce côté. La Chine devrait représenter à elle seule le tiers de la consommation totale de l’électricité en 2030 avec plus de 12 000 TWh.
Ces chiffres encourageants s’expliquent notamment par une consommation plus importante d’électricité dans le domaine industriel, une hausse du nombre de climatiseurs et surtout une croissance très importante des centres de données et de l’intelligence artificielle.
À lire aussiLa consommation des centres de données pourrait être multipliée par 3,7 en moins de 10 ansLa hausse de la production électrique provient en grande partie du développement massif des énergies renouvelables et en particulier du photovoltaïque. Ces dernières ont représenté 33% du mix électrique en 2025, faisant jeu égal avec le charbon (33,6%).
L’AIE prévoit qu’en 2030, énergies renouvelables et nucléaires pourraient représenter 50% de l’énergie totale consommée dans le monde contre 42% aujourd’hui. Néanmoins, pour y parvenir, l’Agence prévient : il ne faudra pas négliger les infrastructures. Du fait d’une influence de plus en plus importante de la météo sur la production électrique, les besoins mondiaux en flexibilités augmentent, et les réseaux électriques sont mis à rude épreuve. La situation est telle qu’on compterait près de 2500 GW de projets en attente de connexion faute de possibilités de raccordement.
À lire aussiCartographier la totalité du réseau électrique mondial : ces passionnés vont tenter de le fairePour finir, l’AIE pointe également du doigt le tarif de l’électricité, qui ne cesse d’augmenter à un rythme plus élevé que l’augmentation des salaires depuis 2019. Dans ce contexte, l’énergie devient un poids de plus en plus important sur les ménages du monde entier. Dans le même registre, l’électrification du parc automobile est ralentie par des tarifs trop élevés et donc un manque d’accessibilité pour le plus grand nombre. Ainsi, si les chiffres sont encourageants, et que cet Âge de l’électricité se dessine petit à petit, le défi reste colossal.
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