AccueilNucléaireNucléaire : comment EDF optimise les arrêts de réacteurs pour réduire les coûts et augmenter la production

Nucléaire : comment EDF optimise les arrêts de réacteurs pour réduire les coûts et augmenter la production

Photo de l'auteur
Par Kevin CHAMPEAUPublié le 3 mars 2026
La centrale de Penly / Image : Wikimedia - M. Heerlien.

La maintenance de réacteur nucléaire fera-t-elle son entrée dans la liste des épreuves olympiques ? Pas sûr. Pourtant, les équipes d’EDF s’entrainent dur pour devenir les plus efficaces possibles. Au programme : répétitions, entraînements et simulateur. 

En apparence, la centrale de Penly, et ses deux réacteurs P’4 de 1300 mégawatts électriques (MWe) ronronnent tranquillement pour produire plus de 17 TWh chaque année. Mais dans ses entrailles, les équipes de maintenance préparent déjà le prochain arrêt de maintenance, qui a lieu moyenne tous les 18 mois, avec un objectif simple : qu’il soit le plus court possible.

Les équipes répètent ainsi les mêmes procédures sur un simulateur spécialement prévu à cet effet. En moyenne, chaque opérateur s’entraîne une vingtaine de fois par an. En parallèle, l’équipe de planification pluriannuelle tient un calendrier très précis qui court jusqu’en 2033, et recense les quelque 70 000 activités de maintenance à réaliser sur une période de 10 ans. Pour arrêter les réacteurs le moins longtemps possible, certaines manœuvres sont anticipées avant l’arrêt du réacteur afin de diminuer la phase d’arrêt. Selon le directeur technique de Penly, qui s’exprime sur France Info, cette optimisation constante a d’ores et déjà permis d’économiser 3 millions d’euros en coûts de maintenance.

À lire aussi73 milliards d’euros : voici le prix des 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 prévus en France

700 jours de maintenance en moins

En réalité, la situation de Penly n’est pas exceptionnelle. Depuis 2019, c’est tout le parc nucléaire français qui profite d’un programme d’optimisation de la maintenance appelé Start. Le but de ce programme est de réduire drastiquement le nombre de jours d’arrêt des réacteurs pour produire plus d’électricité. Grâce à la démocratisation des entraînements des équipes, et la modélisation des étapes d’interruption ou de redémarrage, chaque opération demande moins de temps. Selon Étienne Dutheil, directeur de la division production nucléaire d’EDF, la préparation de l’arrêt d’un réacteur prend désormais deux fois moins de temps.

Depuis le lancement du programme Start, le nombre de jours d’arrêt de réacteur est passé de 4 800 en 2019 à 4 100 en 2025 ! Cela représente, en moyenne, cinq jours de moins par arrêt. Depuis le lancement du programme Start, grâce à cette meilleure organisation, près de la moitié des arrêts de réacteur a duré moins longtemps que prévu. Voilà qui explique en partie la forme olympique du parc nucléaire français en 2025.

La suite de votre contenu après cette annonce

La suite de votre contenu après cette annonce


Voir plus d'articles