
Si l’Europe a changé son fusil d’épaule concernant la fission nucléaire, elle a également décidé de saisir le sujet de la fusion nucléaire à bras le corps pour gagner en indépendance énergétique. Elle compte ainsi multiplier les subventions pour devenir le premier continent à injecter de l’électricité produite grâce à la fusion sur son réseau.
La Commission européenne vient de dévoiler le budget de son programme Euratom, pour soutenir le secteur du nucléaire en 2026 et 2027. Sur une enveloppe totale de 330 millions d’euros, 222 millions d’euros seront consacrés au développement de la fusion nucléaire.
En pratique, ce budget conséquent devrait permettre l’établissement d’un nouveau partenariat public-privé à l’échelle européenne dans le domaine de la fusion. Ce partenariat doit contribuer au développement de cette technologie, mais également à la création d’une chaîne d’approvisionnement européenne. En parallèle, une partie de cette enveloppe devrait permettre le soutien des start-up européennes émergentes dans le domaine, afin de les porter à maturité. Enfin, des aides financières seront accordées pour la recherche fondamentale sur le sujet.
À lire aussiNucléaire : un premier réacteur à fusion commercial en 2030 ?Ce n’est pas un hasard si l’Europe accélère sur le sujet de la fusion nucléaire. Habituellement considéré comme un projet de recherche sur le long terme, la fusion nucléaire suscite de plus en plus d’espoirs à mesure que la recherche avance et que les besoins en énergie décarbonée augmentent. De nombreux laboratoires et start-ups travaillent d’arrache-pieds à travers le monde pour concrétiser la production d’électricité à partir de la fusion d’un atome de deutérium et d’un atome de tritium.
Pour l’Europe, il ne s’agit pas d’un simple développement technologique. La fusion nucléaire représente l’espoir d’une souveraineté énergétique retrouvée. En effet, contrairement à la fission nucléaire ou aux énergies fossiles, les ressources nécessaires à la fusion nucléaire sont plus disponibles, même sur le territoire européen. Par conséquent, cette technologie permettrait à l’Europe de moins subir les influences internationales en matière d’énergie.
Pour le moment, le Vieux Continent est particulièrement dépendant du reste du monde. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’explosion des prix de l’énergie depuis le blocage du détroit d’Ormuz.
À lire aussiFusion nucléaire : la France bat un record de durée de plasmaReste désormais à savoir quand aura lieu la première injection d’électricité issue de la fusion nucléaire sur un réseau national. Face aux nombreuses startups qui semblent en avance sur le sujet, on peut se demander si le projet ITER est encore dans la course. Si le début des opérations de recherche est annoncé pour 2034, la première réaction de fusion n’est pas attendue avant 2039. En parallèle, certaines startups paraissent plus avancées, ayant annoncé un début d’injection d’électricité issue de la fusion en 2028 pour Helion Energy, ou début 2030 pour Commonwealth Fusion Systems (CFS), Tokamak Energy et General Fusion.
D’ailleurs, le projet ITER n’a pas vocation à injecter du courant sur le réseau français. Pour cela, il faudra attendre le démonstrateur DEMO qui devrait injecter du courant sur le réseau à l’horizon 2050. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que le cadre du projet ITER dépasse la simple réaction de fusion, et met en place les bases d’une filière électrique robuste reposant sur la fusion nucléaire. Il devrait ainsi permettre une intégration et une industrialisation de ce procédé à grande échelle.
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