À chaque tempête, incident ou maintenance sur le réseau électrique, Enedis déploie des groupes électrogènes au diesel pour assurer la continuité du service. Ces machines bruyantes et polluantes pourraient bientôt être remplacées par des modèles « zéro-émission ». Le gestionnaire du réseau vient de dévoiler un prototype capable de fournir de l’électricité en urgence sans aucune nuisance.

Vous les avez certainement observées, ces grosses boites bleues ronronnantes et parfois malodorantes siglées « Enedis ». Il s’agit de groupes électrogènes de secours installés lors de travaux, catastrophes naturelles ou simples incidents sur le réseau électrique local. Enedis en possède pas moins de 2 700, d’une puissance de quelques dizaines de kilowatts à plus d’un mégawatt. S’ils sont très efficaces, tous consomment une ressource nuisible : le diesel. Le gestionnaire du réseau public s’est donc associé au fabricant de matériel électrique Schneider et au Smeg30, le syndicat d’énergie du Gard, pour lancer une alternative plus propre.

Alimenter 16 maisons pendant 24 heures

Il vient de dévoiler un « groupe électrogène zéro-émission », capable d’alimenter les abonnés sans bruit ni pollution. Le concept n’a rien de magique : il s’agit de batteries intégrées dans un mini-conteneur maritime de 6 pieds. Chaque boite contient 20 packs reliés à 9 onduleurs pilotés à distance.

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Avec 60 kW de puissance maximale et une capacité de stockage de 200 kWh, le système est plutôt modeste. Il peut fonctionner à pleine puissance pendant 3 heures ou couvrir la consommation électrique de 16 foyers moyens pendant 24 heures. Son avantage est de pouvoir stocker la production des petites centrales locales, souvent solaires et éoliennes. Avec la batterie mobile d’Enedis, leur production ne sera donc plus systématiquement interrompue lors des coupures.

D’autres alternatives au diesel

Le gestionnaire de réseau a investi la somme rondelette de 500 000 € dans le développement et la fabrication du prototype. Ce dernier a d’ailleurs été utilisé pour la première fois le 8 février 2021 en conditions réelles dans le Gard, explique Enedis sans communiquer de résultats. Deux autres exemplaires seront produits et testés début 2022 dans les régions Pays de la Loire et Centre-Val de Loire. En parallèle, la filiale d’EDF poursuit ses recherches sur les groupes électrogènes alternatifs à hydrogène et hybrides (batteries et diesel).