Le producteur d’énergie verte BayWa r.e. a lancé en Allemagne le chantier d’une installation photovoltaïque flottante de 3 MWc sur un plan d’eau appartenant à l’entreprise Quarzwerke, active dans l’extraction, le traitement et le raffinage de minéraux industriels. Il s’agit de la première centrale de ce type qui sera construite et exploitée dans ce pays sans soutien public.

« Jusqu’à présent, tous les projets flottants ont été développés dans le cadre du programme allemand de soutien aux énergies renouvelables », précise BayWa r.e. dans un communiqué.
La centrale s’étendra sur 1,8 hectare. Elle sera assemblée avec 5.800 modules et produira annuellement 3 GWh d’électricité verte dont 75% seront autoconsommés par les installations industrielles de Quarzwerke. Le surplus sera injecté dans le réseau public. Cet investissement permettra d’éviter chaque année l’émission d’environ 1.100 tonnes de gaz à effet de serre. Selon Daniel Duric, le directeur du site, le projet permettra à son entreprise de réduire davantage son empreinte carbone mais aussi de ne plus subir les hausses de prix de l’énergie et de la tonne de carbone.

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Un projet rentable sans subvention

« En construisant l’une des plus grandes centrales flottantes d’Allemagne sans subventions publiques, nous démontrons que ces projets sont économiquement rentables lorsqu’une part importante de l’électricité produite peut être autoconsommée » explique de son côté Stephan Auracher, directeur général de BayWa r.e. Power Solutions. « Le solaire flottant offre une opportunité attrayante pour les entreprises extractives comme les gravières et les carrières qui disposent souvent d’étendues d’eau inutilisées ou partiellement utilisées. Ces zones recèlent un immense potentiel inexploité pour la transition énergétique », ajoute-t-il.

Le nouveau gouvernement allemand ayant annoncé son ambition de couvrir 80% des besoins en électricité du pays par des sources d’énergie renouvelable d’ici 2030, BayWare r.e. espère maintenant qu’il simplifiera rapidement le cadre réglementaire du solaire flottant comme prévu dans l’accord de coalition.

L’entreprise est également active en France où elle développe un portefeuille de projets flottants de 50 MW. Elle estime que de nombreux lacs artificiels résultant de la fin d’exploitation de carrières, gravières ou sablières, pourraient rapidement être convertis en centrales photovoltaïques. Benoît Roux, le directeur du département solaire de la filiale française a déclaré qu’il existe un potentiel de 10 GW pour le photovoltaïque flottant dans l’Hexagone.

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