Bien que les événements sportifs  internationaux doivent répondre à des critères de durabilité de plus en plus stricts, l’impact carbone du Mondial de football 2018 est très conséquent.

Le bilan carbone du Mondial de foot 2018 est estimé officiellement à minimum 2 millions de tonnes de CO2. C’est ce qu’est la République du Congo émet pendant toute une année.

C’est 800.000 tonnes de moins que les émissions du Mondial de 2010 et de celui de 2014. Un chiffre officiel, car le calcul n’incluait alors ni les milliers de postes de télévision qui avaient été achetés à travers le monde (la fabrication d’un poste émet environ 1,5 tonne de CO2), ni les déplacements en avion des spectateurs. Or la part des transports avait été évaluée par  Frédéric Addiechi, chef du Département Responsabilité Sociale au sein de la FIFA, à 83,7% des émissions totales générées en 2014.

Il est difficile d’estimer avec précision l’empreinte écologique d’un événement sportif d’échelle planétaire comme le Mondial, tant les sources d’émission sont nombreuses. Le bureau Factor X (Belgique) avait été chargé d’évaluer cet impact pour les Jeux Olympiques de Londres de 2012.  De nombreuses composantes avaient été prises en compte : un million de déplacements en avion, construction de stades, d’hôtels, d’infrastructures de communication, un milliard de postes de télévision allumés en même temps, et des millions de frigos qui tournent à plein régime. Malgré ces calculs, il est difficile d’estimer si ces déplacements en avion remplacent des vacances à l’étranger, et combien de postes de télévision devaient de toute façon être remplacés.

Les mesures écologiques sont néanmoins de plus en plus nombreuses

La fin justifiant les moyens, Poutine n’a pas fait dans la dentelle. 21 milliards d’euros (budget officiel) ont été nécessaires pour faire aboutir un nouveau périphérique autour de Moscou, une nouvelle ligne TGV entre Moscou, Nijni Novgorod et Kazan avec extension vers Ekaterimbourg,  une vaste infrastructure hôtelière, ainsi que la rénovation de tous les aéroports des villes hôtes.

Mais focalisons-nous sur les quelques avancées écologiques, même si celles-ci restent anecdotiques par rapport à l’impact carbone global du Mondial.

Une stratégie Développement durable adoptée

La FIFA prévoit à partir de 2018 une certification obligatoire, selon des normes de durabilité internationales, de tous les stades de football construits ou rénovés dans le cadre des Coupes du Monde de la FIFA.

C’est ainsi que le stade Loujniki- principal stade qui a servi à la cérémonie d’ouverture de la coupe – a reçu son certificat final BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method, évaluation de la performance des bâtiments).

Des pelouses plus vertes

L’empreinte écologique des pelouses tout au long de leur cycle vie s’est considérablement améliorée.

Les exigences auxquelles doivent répondre les pelouses pour les championnats sont strictes : l’herbe doit être verte, plate pour le ballon, ‘safe’ pour les joueurs, et doit résister aux détériorations pendant toute la durée du championnat. Une start-up française – Natural grass – a mis au point une pelouse naturelle réunissant ces qualités grâce a une formule végétale faite maison.

Le substrat sur lequel pousse la pelouse se compose de liège, de sable et de microfibres : le liège stocke le carbone sur le long terme, et le sable augmente la rétention d’eau, donc limite l’usage de fertilisants.

De nombreuses améliorations en perspectives

Il reste évidemment encore beaucoup à faire avant que l’on puisse parler de « Mondial vert ».

Plusieurs alternatives devront être mises en place, telles que la construction d’un réseau de trains à grande vitesse pour limiter les vols entre stades, le recyclage total des déchets, les taxis 100% électriques, la construction d’hôtels ‘zéro émission’, etc.

 

 

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