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Ce pays risque un blackout énergétique à cause du changement climatique

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Par Hector PIETRANIPublié le 31 janvier 2026
Le barrage de Toktogul au Kirghizistan / Image : Wikimedia - Heinersbischkek.

Dépendant presque entièrement de l’hydroélectricité, le Kirghizstan risque de se retrouver dans le noir cet hiver. Le réchauffement climatique, qui assèche les réservoirs, fait fondre les glaciers et fragilise le système électrique de ce pays.

Le Kirghizstan n’a jamais autant redouté l’hiver. Dans ce pays montagneux d’Asie centrale, l’électricité repose à plus de 90 % sur l’hydroélectricité. Et la houille blanche (surnom donné à l’hydroélectricité) n’est pas très productive, rapporte Reporterre. Les niveaux d’eau des principaux barrages, notamment celui de Toktogul, qui tient le système électrique national (1200 MW, 40 % de la production du pays), sont très bas. La production d’électricité ne suffit plus à couvrir la demande lors des pics de consommation hivernaux.

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D’électricité abondante à sobriété forcée

Cette situation de fonte accélérée est directement attribuée au dérèglement climatique. Les glaciers du massif du Tian Shan fondent plus vite qu’ils ne se reconstituent, leur masse diminue et l’eau pour alimenter les barrages avec.

Les hivers peu rigoureux et les étés secs changent les cycles hydrologiques. L’eau arrive en quantité insuffisante au moment où elle est la plus nécessaire, en hiver. C’est la même chose en France. D’ailleurs, les barrages se vident habituellement avant la fonte de fin d’hiver pour réceptionner toute cette eau et produire au moment où l’on en a le plus besoin.

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Des pays voisins ont le même problème

Les autorités, conscientes des impacts d’un potentiel blackout, ont commencé à rationner l’électricité. Dans certaines régions, des coupures programmées plongent les quartiers dans l’obscurité. L’éclairage public est réduit au minimum, les bâtiments administratifs invités à limiter leur consommation et les habitants appelés à faire preuve de discipline énergétique, entendre sobriété. D’habitude, l’électricité est abondante et peu chère.

Cet impact climatique dépasse le seul pays du Kirghizstan. Il est intégré à un réseau électrique hérité de l’URSS, qui inclut le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Et ces États ont le même problème. Le Tadjikistan, également très dépendant de l’hydroélectricité, redoute ses propres pénuries hivernales, limitant les possibilités d’importation d’électricité de secours chez les voisins.

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