
Impossible de passer à côté de l’information. En Europe, depuis le début de l’année, les prix négatifs se sont envolés de manière exponentielle sur un marché plus volatile que jamais. La situation commande un changement radical de notre manière de consommer, pour pouvoir réellement profiter de tous les avantages des énergies renouvelables.
Si le soleil du mois d’avril a fait notre bonheur à tous, il a également affolé tout le réseau électrique européen en entraînant un fort décalage entre consommation et production d’électricité. Le cauchemar des dimanches ensoleillés a fait exploser le nombre de prix négatifs d’électricité.
La situation est valable sur presque toute l’Europe. En Espagne, dès le premier trimestre, on a compté un total de 397 heures contre seulement 48 heures l’année dernière, tandis que le Portugal a lui aussi compté 222 heures à prix négatif. La Belgique a également été touchée par la situation, avec un prix atteignant -479,22€/MWh le 26 avril dernier. Plus tôt dans le mois, l’Allemagne et la France ont toutes deux enregistré une journée entière avec un prix moyen négatif, à savoir -16,34€/MWh pour l’Allemagne et -3,56€/MWh pour la France.
À lire aussiÉolien et solaire bientôt obligés de limiter les heures à prix négatifsPour faire face à cette situation, le déploiement de batteries est souvent mis en avant, mais ne constitue pas la solution ultime. La gestion d’une production renouvelable fluctuante nécessite, en réalité, une adaptation complète du fonctionnement du réseau pour pouvoir aborder ces périodes de surproductions comme des opportunités plutôt que comme des contraintes.
Pour cela, la flexibilité est reine. Elle passe par une augmentation des capacités de stockage via des STEP ou des BESS, mais également par le développement massif de la voiture électrique. Les dimanches ensoleillés du mois d’avril permettraient de recharger les voitures électriques de tous les foyers pour le début de semaine. En parallèle, la création d’installations de production d’hydrogène pilotables permettraient également de tirer parti de ces périodes de forte production.
Enfin, une modification des habitudes de consommation pourrait également jouer un grand rôle. À l’image de certaines grandes industries qui peuvent modifier leur consommation d’électricité en fonction des besoins du marché, on pourrait imaginer un avenir ou les PAC et les chauffe-eaux du secteur résidentiel ou tertiaire seraient déclenchés plus tôt ou plus tard pour absorber ces pics de production.
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