
Le port de Marseille Fos a inauguré un dispositif permettant de connecter simultanément trois grands navires de croisière au réseau électrique terrestre. Une première en Méditerranée, qui vise à réduire la pollution de l’air liée au fonctionnement des puissants groupes électrogènes au fioul lors des escales.
Nous avions découvert les coulisses de l’électrification des navires à quai dans un précédent reportage, évoquant le défi monumental pour brancher les mastodontes des mers au réseau. Quelques mois plus tard, le 11 avril 2026, le Grand port maritime de Marseille (GPMM) entre dans le concret en inaugurant son dispositif dédié aux paquebots de croisière. Désormais, trois postes à quai du terminal croisières peuvent être reliés au réseau électrique terrestre lors de leurs escales.
Baptisé CENAQ (connexion électrique des navires à quai), le système délivre une puissance totale de 48 mégawatts (MW) à une fréquence de 60 Hz, le standard des paquebots de croisière. Chaque bâtiment peut recevoir jusqu’à 16 MW, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 13 000 habitants selon les autorités portuaires, et éteindre ses moteurs thermiques pendant toute la durée de l’escale. En ajoutant les postes de connexion à quai dédiés aux ferrys déjà opérationnels, la puissance totale atteint 108 MW sur les bassins est du port de Marseille-Fos. L’électricité fournie est intégralement d’origine renouvelable, produite en partie par les quelques 80 MW des panneaux photovoltaïques installés sur les hangars portuaires.
À lire aussiCe centre commercial économise 390 000 € d’électricité grâce à sa centrale solaireLes bénéfices environnementaux de cette connexion à quai seraient significatifs : – 80 % d’émissions de dioxyde de soufre, – 75 % pour les particules fines et – 60 % pour les oxydes d’azote, selon une étude de 2024 du Pôle Mer Méditerranée et du Citepa. L’investissement total dans les bassins est dépasse 200 millions d’euros, financé à plus de 50 % par un partenariat public associant l’État, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le département des Bouches-du-Rhône, la métropole Aix-Marseille-Provence et la ville de Marseille. Les équipements électriques sont issus à 90 % de l’industrie française, affirme le GPMM.
Marseille-Fos se positionne ainsi quatre ans en avance sur la réglementation européenne, qui impose que 90 % des escales de navires de passagers puissent recourir à l’électricité à quai d’ici 2030. Le port avait déjà ouvert la voie en 2017 avec le premier branchement haute tension en 50 Hz pour les ferries desservant la Corse, avant d’étendre le dispositif aux liaisons vers le Maghreb.
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