Avec l’annonce de ces futures implantations au large de Port-la-Nouvelle (11) et de Fos-sur-Mer (13) démarre la procédure de mise en concurrence qui permettra d’identifier les développeurs. Mais aussi les appels à manifestations d’intérêt pour réaliser l’adaptation des infrastructures portuaires afin d’accueillir les activités industrielles en rapport avec ces 2 sites.

A plus de 22 km des côtes

Les 2 zones de chacune 300 km2 retenues face à la Narbonnaise et au Golfe de Fos pour les 2 parcs éoliens flottants, sont situées à un peu plus de 22 kilomètres des côtes. « Sous réserve des résultats des études environnementales en cours », précise le service de communication du Premier ministre.

Le second site est notamment scruté de près au sujet des migrations aviaires. Au point qu’un plan de secours est prévu au large du Roussillon, à environ 24 km des côtes. Dans un premier temps, chacun des 2 parcs sera constitué d’une vingtaine d’éoliennes implantées sur une surface d’environ 50 km2. De quoi alimenter en électricité un million de personnes, selon les propos de Jean Castex qui avait fait le déplacement à Port-la-Nouvelle lundi 14 mars dernier.

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250 MW de capacité individuelle

Chacun des deux sites disposera au départ d’une capacité de production de 250 MW. Mais une extension sur 100 km2 propre à chaque parc portera les chiffres individuels à 750 MW.

Ce qui serait suffisant pour fournir en électricité, au total, de l’ordre de 2,9 millions d’habitants, soit « près de 10 % de la consommation électrique cumulée des régions Occitanie [NDLR : Environ 6 millions d’habitants] et Provence-Alpes-Côte d’Azur [NDLR : Environ 5,6 millions d’habitants] », souligne le gouvernement.

Avec une mise en service programmée à horizon 2030, les 2 parcs éoliens flottants seraient parmi les premiers de cette ampleur à être opérationnels au niveau mondial.

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Mise en concurrence

Accompagné de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, Jean Castex a lancé les procédures de mise en concurrence pour le développement des premiers parcs méditerranéens à échelle industrielle. On se rappelle en effet que les chantiers de 3 projets pilotes de parcs flottants, au large de Gruissan, Leucate et Port-Saint-Louis du Rhône, composés de 3 éoliennes chacun, devraient être lancés cette année. Quant à la feuille de route des 2 nouveaux projets, elle prévoit la désignation des lauréats dans le courant de l’année prochaine. Ces derniers devront en particulier respecter les avis du public, retenus après une phase de débat ouverte de juillet à octobre 2021. Parmi les 3 800 participants recensés, 900 se sont exprimés sur la plateforme dédiée.

En première conséquence, le choix des zones d’implantation qui tiendrait compte « des impacts sur la biodiversité, les paysages et la cohabitation avec les autres usages de la mer ». Toutefois les enjeux environnementaux devraient être actualisés tout au long du développement des projets, en étant enrichis par les nouvelles données récoltés en cours de route. Une dernière évaluation est programmée avant la délivrance des autorisations de mise en service.

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Les obligations des développeurs des projets

Barbara Pompili s’est déjà engagée à « prendre en compte les contributions du public dans l’élaboration des cahiers des charges pour les procédures de mise en concurrence ». Ensuite, ce sera aux développeurs de respecter cette rigueur.

Ils devront par exemple, selon les précisions formulées par la ministre de la Transition écologique : « proposer des mesures pour limiter les impacts des parcs éoliens flottants sur la pêche », et « poursuivre les études techniques et environnementales sur les zones retenues, en concertation avec les acteurs de la façade, et mettre en place un suivi scientifique du projet ».
Ils auront aussi à enrichir le site EoliennesEnMer au sujet de l’avancement des projets.

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Appels à manifestations d’intérêt

Installer un parc éolien offshore nécessite d’adapter les infrastructures portuaires en façade pour le développement de tout un écosystème qui va doper au moins un temps l’économie et les emplois locaux. Ces derniers, au service des énergies marines renouvelables, ont déjà été évalués à 5 000 dans l’Hexagone.

Les appels à manifestations d’intérêt vont dans cette voie. Tout d’abord en permettant de mettre en place au niveau des ports, en façade des parcs, les infrastructures nécessaires aux besoins des entreprises qui devront travailler sur les projets. Notamment pour la construction et l’assemblage des turbines et de leurs fondations.

Une fois sur place, cet écosystème serait de nature à faciliter le développement d’autres projets à l’échelle d’un département ou d’une région. Le gouvernement a laissé entendre que les sociétés nouvellement implantées recevraient le soutien du plan France 2030 pour les aider à pérenniser leur activité sur place.

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40 GW installés en 2050

Un engagement a été signé entre l’Etat et la filière française de l’éolien en mer, avec pour objectif d’augmenter de 2 GW par an la capacité installée. Et ce, à partir de 2025, par l’attribution de parcs, comme ceux de Port-la-Nouvelle et de Fos-sur-Mer. A l’horizon 2050, les infrastructures opérationnelles devraient totaliser 40 GW.

Face à cette feuille de route, la filière a une triple mission à respecter. Tout d’abord mettre sur la table plus de 40 milliards d’euros d’investissements au cours des 15 prochaines années. Ce qui permettrait d’atteindre « un contenu local à hauteur de 50 % sur les projets ». Avec pour effet de quadrupler le nombre d’emplois directs et indirects liés à l’éolien en mer d’ici 2035.

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