Avec une neutralité carbone prévue d’ici 2070, l’Inde s’engage dans la décarbonation de son secteur ferroviaire en misant partiellement sur l’hydrogène. Bientôt, le pays déploiera son tout premier train alimenté par ce carburant. La trame sera la plus longue et la plus puissante du monde.
Dans les zones où l’électrification des lignes ferroviaires reste difficile ou impossible, l’Inde compte sur l’hydrogène comme alternative. Dans ce cadre, elle a ainsi lancé son programme « Hydrogen for heritage », qui prévoit de déployer 35 trains à hydrogène sur huit lignes différentes. Suite à la réussite des audits de sécurité et techniques réalisés à Chennai, dans l’est du pays, le lancement de la première trame approche. Le tout premier train à hydrogène circulera sur une ligne de 89 km, entre Jind et Sonepat, dans l’État de l’Haryana, au nord du pays.
À lire aussiL’affolant bilan carbone de la première locomotive à hydrogène commerciale de ChineSur la plateforme X, le ministre des Chemins de fer, Ashwini Vaishnaw, a donné un aperçu sur ce train. D’une puissance de 1 200 chevaux, le système se compose de dix wagons, et peut accueillir jusqu’à 2 600 passagers, ce qui en fera le plus long et le plus puissant train à hydrogène au monde.
Il convient de préciser qu’il ne s’agit pas d’un engin entièrement neuf, mais plutôt d’un rétrofit. Autrement dit, ses moteurs diesel ont été remplacés par des systèmes à pile à hydrogène. Les deux motrices équipées de ces piles embarquent chacune 220 kg d’hydrogène stocké sous 350 bars. Ce travail a été réalisé par le géant indien Medha Servo Drives, spécialisé dans les solutions ferroviaires.
Le ravitaillement en hydrogène se fera à Jind, où un système de stockage de 3 000 kg a été installé. Un électrolyseur à membrane échangeuse de protons de 1 MW est également en cours de finalisation sur ce site, avec une production prévue de 430 kg d’hydrogène par jour.
À lire aussiProduire de l’hydrogène vert moins cher que l’hydrogène fossile : ce pays y est arrivéL’Inde prévoyait de déployer ses trains à hydrogène à partir de décembre 2023, un retard qui s’expliquerait par le fait que le pays s’est engagé parallèlement dans d’autres grands chantiers d’hydrogène. Mais certains observateurs estiment toutefois qu’en réalité, le gouvernement a priorisé l’électrification des lignes. De plus, les difficultés rencontrées par d’autres pays ont dû freiner la priorisation de l’hydrogène sur le parc ferroviaire.
Pour citer un exemple, parlons des échecs de l’Allemagne en la matière. Rappelons qu’en 2022, Berlin avait investi dans une flotte de 14 Coradia iLint, des trains à hydrogène développés par Alstom. Un an plus tard, leurs performances se sont révélées inférieures aux attentes, et les modèles à batteries se sont avérés finalement plus avantageux en termes de coûts. Ensuite, décembre 2024, Siemens Mobility entendait reprendre la main face à Alstom en lançant son Mireo Plus H, mais deux semaines après le lancement, des problèmes de ravitaillement ont de nouveau surgi. Ces mauvais départs de l’Allemagne devraient rappeler que l’hydrogène ferroviaire est loin d’être un pari facile.
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