
Et si MaPrimeRénov’ n’était qu’une chimère ? Un récent sondage, portant sur les préférences des Français en matière de chauffage, témoigne des difficultés de l’État concernant la rénovation énergétique. Entre mauvaise communication et manque de budget, les raisons de ce manque de dynamisme sont nombreuses.
Au carrefour de la transition énergétique, du pouvoir d’achat et du confort de vie, la question du chauffage est un enjeu important du quotidien des Français. Pour en savoir plus sur les préférences des Français en matière de chauffage, l’association Coénove a commandé un sondage à l’Ifop sur le sujet, et les résultats sont riches en enseignements.
Dans les grandes lignes, on peut d’abord noter que les Français ont non seulement une bonne connaissance des énergies renouvelables, et en ont également une bonne opinion, avec la géothermie, l’hydraulique, et le solaire en tête. Si le gaz naturel enregistre encore une majorité d’opinions favorables, le pétrole, le fioul et le charbon sont tout en bas du classement des énergies. On y apprend également que près de 90 % des Français sont satisfaits de leur mode de chauffage, principalement pour des raisons de confort thermique et de facilité d’utilisation.
À l’heure d’envisager un changement de système de chauffage, 96 % d’entre eux estiment qu’il est important de pouvoir choisir le type de chauffage à installer. Parmi les critères de choix sur le sujet, c’est sans surprise le facteur économique qui prédomine.
À lire aussiChauffage, climatisation et eau chaude : Samsung lance une nouvelle pompe à chaleur tout-en-un inéditeMais en regardant entre les lignes de ce sondage, on peut deviner la défaillance des pouvoirs publics pour rendre accessible au plus grand nombre la rénovation énergétique de leur logement. Cette défaillance se traduit dès la préparation d’un projet. En effet, le sondage montre que pour choisir un nouveau système de chauffage, les Français prennent principalement des conseils à
Les prescripteurs d’aides à la rénovation ne sont sollicités que dans 19 % des cas, et les recommandations des pouvoirs publics ne sont un critère de choix que dans 17 % des cas. En d’autres termes, les dispositifs d’aides et d’accompagnements mis en place, ainsi que tout le travail de vulgarisation réalisé par l’ADEME, ne parviennent pas à toucher les Français. Même les aides financières pour les travaux de rénovation énergétique n’ont pas une si bonne image, en totalisant seulement 58 % de perception positive.
Ultime preuve que le discours des pouvoirs publics manque de poids auprès des Français, 71 % d’entre eux préfèrent attendre plutôt que d’engager des travaux à cause de l’instabilité politique qui règne autour des dispositifs d’aides à la rénovation.
À lire aussi« Baisser le chauffage de 1°C permet 7 % d’économies d’énergie » : pourquoi c’est désormais faux ?Voilà maintenant plusieurs années que le programme MaPrimeRénov’ est malmené par le gouvernement. Faute de budget, le dispositif a été suspendu plusieurs fois rien que sur l’année 2025, et quiconque a déjà tenté d’en bénéficier sait à quel point les démarches sont laborieuses et incertaines. C’est ce qui explique l’image plutôt négative d’un dispositif pourtant indispensable pour aider les Français à réduire leur facture énergétique, mais également pour permettre à la France de réduire sa consommation d’énergie et en particulier d’énergie fossile.
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