
Le dynamisme de la Chine en matière de production d’énergie décarbonée ne concerne pas seulement l’éolien et le solaire. Le pays, qui fait partie des principaux acteurs du secteur nucléaire, s’apprête à mettre en service le premier SMR terrestre au monde.
Au large des côtes chinoises, sur l’île d’Hainan se tient l’un des plus importants chantiers de ces dernières années. La China National Nuclear Corporation y construit, en effet, le premier SMR terrestre appelé APC100 ou Linglong One. Ce dernier a été le premier à être approuvé par l’Agence internationale de l’énergie nucléaire en 2016. Il aura fallu attendre 2021 pour que le chantier ne démarre réellement. Seulement cinq ans après la pose de la première pierre, le prototype unique pourrait être mis en service dans les six prochains mois.
Pour ce réacteur, la Chine a choisi la technologie de l’eau pressurisée. Malgré une puissance relativement faible de 100 MWe, le chantier reste titanesque. Rien que le dôme du réacteur, qui a été installé l’année dernière, pèse la bagatelle de 550 tonnes. Une fois n’est pas coutume, sur ce projet, la Chine affiche un léger retard puisque initialement, la première divergence du réacteur était prévue pour fin 2025. Finalement, il faudra probablement attendre six mois de plus.
À lire aussiMini réacteurs nucléaires SMR : le principal espoir français va s’installer à CadaracheMalgré ces six mois de retard, la Chine affirme une avance très importante face aux autres pays du monde, en particulier les États-Unis. Chez l’Oncle Sam, aucun SMR n’est en construction, malgré la volonté du département américain de l’Énergie d’accélérer sur le sujet.
Cette avance pourrait donner un avantage stratégique colossal à la Chine, qui a développé toute la chaîne de valeur nécessaire à la construction de ce réacteur. De ce fait, la Chine pourrait en toute logique industrialiser la construction de ce SMR, et ainsi devenir exportateur majeur de moyens de production d’électricité nucléaire. Grâce à son immense capacité d’industrialisation, la Chine pourrait ambitionner de prendre le monopole de ce secteur, comme elle l’a fait avec le photovoltaïque et l’éolien offshore.
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