
Le gouvernement continue de vouloir favoriser l’électricité au détriment des énergies fossiles. Dans cette dynamique, le coefficient de conversion de l’électricité va passer de 1,9 à 1,7 pour le Diagnostic de performance énergétique (DPE). Cette évolution réduit considérablement l’écart de considération avec le gaz qui est toujours moins taxé et mieux considéré. La mesure devrait être appliquée à partir du 1er janvier 2027.
Le projet d’arrêté sera examiné le 23 juillet par le Conseil supérieur de l’énergie pour faire passer le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire à 1,7. Après l’avoir ramené de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, l’exécutif jugeait déjà que la méthode de calcul continuait à pénaliser les logements chauffés à l’électricité face au gaz. Lors de la présentation de son plan d’électrification, le 23 avril, il avait annoncé vouloir descendre « autour de 1,7 ». La promesse est tenue, mais diable que ce fut long.
En abaissant ce coefficient, la consommation d’énergie primaire des logements électriques diminue mécaniquement et leur étiquette du DPE s’améliore. Selon la fiche d’impact adossée au projet d’arrêté, la réforme fera sortir autour de 125 000 logements du parc locatif privé du statut de passoire thermique. Sur les résidences principales, 300 000 logements ne seraient plus classés F ou G. Cela fait plus d’un tiers au total des passoires chauffées à l’électricité qui changeraient ainsi de catégorie. Pour tous les diagnostics réalisés depuis juillet 2021, une attestation mettant à jour automatiquement la nouvelle étiquette sera disponible gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME à partir du 1er janvier 2027.
À lire aussiLe DPE change enfin pour considérer l’électricité à sa vraie valeurC’est stratégique pour ces logements. Ceux qui sortiront des classes F ou G échapperont notamment au gel des loyers prévu par la loi Climat et Résilience. Les bailleurs concernés pourront à nouveau appliquer l’indexation annuelle ou revaloriser le loyer lors d’une relocation. Hasard du calendrier ou pas, cette réforme intervient alors que le Parlement s’apprête lui aussi à desserrer l’étau sur les passoires thermiques. Le 8 juillet, le Sénat a adopté un projet de loi autorisant, sous conditions, la poursuite de la location de logements classés F ou G si leur propriétaire s’engage à réaliser des travaux dans un délai de trois à cinq ans. Mais cette mesure concerne aussi le gaz, accroissant par-là l’inégalité réduite par l’abaissement du coefficient qui nous intéresse.
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