
L’Inde travaille activement à devenir l’un des principaux acteurs du nucléaire à l’échelle internationale, et cet effort commence à porter ses fruits. Le pays vient d’enregistrer la première production d’hydrogène issu du nucléaire.
L’Inde vient de réussir une première mondiale : produire de l’hydrogène grâce à la chaleur d’un réacteur nucléaire. Cette première a été rendue possible avec un Fast thorium breeder reactor (FTBR), un réacteur rapide surgénérateur au thorium expérimental. Celui-ci, lancé en 1985, dispose d’une puissance de 40 MWth et se trouve dans le centre de recherche atomique Indira Gandhi (IGCAR) de Kalpakkam.
Aujourd’hui, l’hydrogène est principalement produit par vaporeformage du méthane, une technologie très émettrice en CO₂. Les solutions de production d’hydrogène vert reposent presque intégralement sur l’électrolyse de l’eau, et ne représentent qu’un petit pourcent des 97 millions de tonnes produites par an. Elles nécessitent énormément d’électricité. C’est pour ça que cette réussite indienne est porteuse d’espoir.
Le centre de recherche atomique Bhabha a mis au point une technologie reposant sur un processus thermochimique. Celui-ci consiste à diviser l’eau en hydrogène et en oxygène grâce à une série de réactions chimiques à haute température. Ici, c’est le cycle cuivre-chlore qui a été utilisé. Il a l’avantage de nécessiter une température relativement basse de 530 °C, atteignable avec les réacteurs nucléaires de troisième ou quatrième génération comme le réacteur rapide indien. Ce processus ne nécessite que peu d’électricité en comparaison à l’électrolyse.
À lire aussiLa future plus grande centrale nucléaire du monde sera française, mais pas en FranceAvec ce démonstrateur, l’Inde affiche clairement ses ambitions en matière de nucléaire : passer de l’acquisition de technologies à l’autonomie technologique, car cette technologie a été entièrement développée en interne. De manière plus générale, le pays veut faire du nucléaire un atout majeur pour son développement. Objectif : atteindre 100 GW de capacité d’ici 2047.
En attendant de mettre en service de nouveaux réacteurs, le pays s’est récemment illustré en remettant en service les deux réacteurs à eau bouillante de la centrale de Tarapur. Ces derniers sont désormais les plus vieux réacteurs en service au monde, puisque leur connexion au réseau date de 1969. Les deux réacteurs conçus par GE auront nécessité six ans de travaux avec notamment le remplacement complet des circuits de recirculation du fluide de refroidissement. Initialement affichés à 200 MWe, les deux réacteurs sont désormais limités à 160 MWe pour des raisons techniques.
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