
La nature a de la ressource, et nous le prouve tous les jours ! Il y a plus de 30 ans, plusieurs pays décidaient de déverser des centaines de milliers de fûts radioactifs dans les fonds marins pour s’en débarrasser, laissant ainsi présager le pire. Finalement, si une partie de ces fûts est dans un état désastreux, la biodiversité des fonds marins ne s’est pas arrêtée pour autant. Un signal encourageant pour l’avenir.
L’été dernier, le navire océanographique français « Atalante » appareillait pour le nord-ouest de l’océan Atlantique afin de repérer quelques-uns des 200 000 fûts radioactifs qui avaient été jetés dans les fonds marins entre 1950 et 1990. Pour mener à bien cette mission, le navire avait été équipé de l’engin sous-marin UlyX pour faire un repérage précis et mettre en évidence des zones de grand intérêt.
En juin de cette année, c’est le navire « Pourquoi Pas ? » qui a pris le relais pour la suite de la mission, en embarquant à son bord l’historique sous-marin Nautile. Après avoir exploré l’épave du Titanic ou participé aux recherches du vol AF447, le sous-marin de poche a donc réalisé 20 plongées en 20 jours afin d’explorer ces zones d’intérêt précédemment repérées. Chaque plongée à 4700 mètres de profondeur a nécessité deux heures de descente pour cinq heures d’exploration.
À lire aussiCette mission scientifique a repéré plus de 3000 fûts radioactifs stockés au fond de l’Océan AtlantiqueAu cours des plongées du Nautile, les scientifiques ont notamment observé des fûts dans un état de dégradation avancé. Les observations ont même montré que certains des fûts étaient éventrés et déversaient leur contenu. Il a été possible de déterminer le type de matériaux utilisé pour l’enrobage, à savoir de la résine, du bitume ou du ciment. Rappelons qu’avant d’être immergés, les déchets radioactifs étaient chargés dans ces fûts, avant que ces derniers ne soient remplis de matériaux comme de la résine ou du béton.
Selon les observations réalisées, l’état de dégradation de certains de ces fûts n’a pas freiné le développement de la vie sous-marine. Plusieurs formes de vie se sont même lancées dans la colonisation des fûts. On a découvert des anémones, des éponges ou même des crabes.
Durant les explorations, le Nautile a prélevé des sédiments, de l’eau, des organismes et des communautés microbiennes. En parallèle, plusieurs mesures de radioactivité correspondant au contenu des fûts étaient réalisées, en particulier pour le matériel du Nautile. L’objectif de ces prélèvements est d’objectiver les mécanismes de transfert et de transport des radionucléides dans l’océan profond ainsi que leur impact sur les écosystèmes des fonds marins.
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