Face à l’objectif ambitieux d’atteindre 40 % d’énergie renouvelable d’ici 2030 en France, la filière de l’agrivoltaïsme intéresse de plus en plus les professionnels du secteur. Pour accompagner ce développement, l’Agence de la transition écologique (ADEME) publie une étude complète et inédite sur les enjeux du photovoltaïque en terrain agricole.

Actuellement, les installations photovoltaïques se trouvent pour la plupart sur les toitures ou les friches. Afin d’accélérer la création de nouveaux parcs, il convient de déterminer de nouvelles localisations qui pourraient être utilisées efficacement.

Une définition de l’agrivoltaïsme proposée par l’ADEME

C’est dans ce contexte que l’agrivoltaïsme a vu le jour, plébiscité notamment en début d’année par un rapport de l’Assemblée nationale.

L’ADEME a proposé une définition de l’agrivoltaïsme qui repose sur la « notion de synergie entre production agricole et production photovoltaïque sur une même surface de parcelle. L’installation photovoltaïque doit ainsi apporter un service en réponse à une problématique agricole ».

Le rapport a étudié une multitude d’installations avant de conclure que l’impact du projet sur les rendements agricoles dépend des conditions climatiques auxquelles le sol et la culture sont soumis (c’est ce qu’on appelle « les conditions pédoclimatiques »). Il est donc apparu qu’une classification des projets par type de culture ou de système photovoltaïque utilisé n’avait pas de sens puisqu’aucune généralité ne pourrait être retirée d’un tel classement.

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23 systèmes recensés par l’ADEME

Plus précisément, ce sont 23 systèmes photovoltaïques qui ont été recensés, dont 10 en expérimentation (5 en France et 5 à l’étranger), ce qui permet de rappeler que cette pratique est peu développée aujourd’hui.

En France, 15 projets sont en fonctionnement et 3 projets sont à l’étude.

Parmi les différents projets étudiés, l’ADEME note qu’ils peuvent prendre des formes diverses : centrales au sol, ombrières fixes ou mobiles, serres, toitures, modules verticaux bifaciaux, modules sur matériel agricole.

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Des fiches techniques et des recommandations pour les professionnels

Le travail de l’ADEME lui a néanmoins permis d’élaborer 10 fiches techniques correspondant à autant de systèmes photovoltaïques analysés. Chaque fiche permet de connaître les enjeux de l’installation ainsi que ses principaux impacts sur les cultures. Toutefois, comme indiqué précédemment, cela ne permet pas de faire l’impasse sur une étude au cas par cas avant d’envisager une nouveau projet.

Par ailleurs, le rapport a permis d’établir un « gradient de classification des projets » qui constitue un outil d’analyse des projets les plus vertueux.
L’analyse poussée effectuée par l’ADEME a également donné lieu à une série de recommandations adressées aux pouvoirs publics et aux porteurs de projet afin d’améliorer le développement du secteur.

Par exemple, à l’égard des pouvoirs publics, l’ADEME suggère d’accompagner les exploitants agricoles en développant de la connaissance ou encore de créer un Observatoire du photovoltaïque sur terrains agricoles.

Vis-à-vis des porteurs de projet, l’institution publique recommande de réaliser une étude technico-économique systématique en phase de conception, quelle que soit la taille du projet envisagé ou encore de garantir le maintien de l’activité agricole.

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Améliorer l’information pour convaincre les acteurs du monde agricole

L’idée globale est d’améliorer l’information à l’égard des exploitants pour les inciter à se lancer dans des projets innovants et prendre part ainsi à la transition énergétique.

Mais comme le rappelait Céline Mehl, coordinatrice solaire photovoltaïque à l’ADEME dans le numéro de février 2022 du magazine de l’institution, l’intérêt du monde agricole reste mesuré à propos de ces projets, car le manque de recul ne permet pas d’apprécier les répercussions des ces installations sur l’activité agricole (notamment en matière de revenus).

Pour mener à bien son étude, l’ADEME s’est entretenue avec une quarantaine d’experts du secteur. L’institution a également été assistée par un comité de pilotage composé de membres du ministère de la Transition Écologique et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Les syndicats du monde agricole ont également été consultés.

Disponible en libre accès sur le site internet de l’ADEME (sous réserve de donner son nom et prénom ainsi que son adresse courriel pour avoir accès au téléchargement), cette étude s’adresse à toutes les personnes intéressées par l’agrivoltaïsme.

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