
Régulièrement en France, des projets de parcs éoliens terrestres sont annulés sans raison apparente. Souvent, ces décisions sont liées à l’Armée française et à ses exigences pour assurer la sécurité du pays, en particulier en matière de détection radar.
Mais pourquoi donc ce petit projet éolien, constitué de seulement deux éoliennes terrestres, a été retoqué dans la petite ville de Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans la Manche ? La réponse se situe à 31 kilomètres au nord de la ville. Tout près de Cherbourg se trouve un radar militaire de l’Armée française. Du fait de cette présence, le préfet avait déjà refusé le projet à l’été 2024, et le rapporteur public vient de confirmer cette décision.
En réalité, des projets éoliens sont régulièrement refusés à cause d’une trop grande proximité avec un radar militaire. Le projet de parc de la Feuillie, situé au nord de Coutances, a subi le même destin en étant situé à seulement 55 kilomètres du radar de Cherbourg. Enfin, dans l’Eure, on peut aussi citer un projet de 6 éoliennes qui devait prendre place sur le plateau du Vexin d’ici 2027. Mais sa trop grande proximité avec la base 105 d’Évreux a conduit à son annulation.
À lire aussiÉolien terrestre : l’année 2025 s’annonce catastrophique en matière de raccordementsCes refus systématiques sont dûs aux perturbations que pourraient causer les éoliennes sur les radars militaires, avec des « intervisibilités électromagnétiques » et le risque de « masquage d’aéronef ». Comprenons que la rotation des pales d’éoliennes peut générer des échos parasites qui interfèrent avec la détection radar.
Pendant longtemps, les règles d’implantation à ce sujet ont été relativement floues. Mais depuis 2021, une instruction administrative impose que les projets situés entre 30 et 70 km d’un radar militaire doivent faire l’objectif d’un avis conforme, et donc d’une autorisation. Chaque projet est étudié au cas par cas, notamment grâce au logiciel TIMOR, un outil de modélisation radar qui sert à estimer les perturbations des éoliennes en fonction de la géométrie du parc, du relief et de la végétation.
Loin d’être anodine, cette règle prive les développeurs de projets éoliens d’une grande partie des possibilités de construction. S’il est difficile d’avoir une estimation précise, certaines sources parlent de 60% à plus de 70% du territoire national indisponible pour l’implantation de nouveaux parcs.
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Actualité23 mai 2026
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