Pour la première fois de l’histoire, la production mondiale d’électricité renouvelable hors hydraulique a été supérieure à celle d’origine nucléaire. Une bascule opérée en 2020, poussée par la croissance explosive et ininterrompue des centrales solaires, éoliennes et biomasse.

C’est un géant du pétrole qui le dit : en 2020, les énergies renouvelables (hydroélectricité non comprise) ont produit davantage que le nucléaire. L’observation provient du dernier rapport annuel sur les statistiques mondiales de l’énergie publié par BP. La multinationale, qui analyse le secteur depuis 70 ans, a constaté que solaire, éolien et biomasse on produit plus de 3 147 TWh l’année dernière. Ils dépassent pour la toute première fois l’énergie nucléaire, qui a généré 2 700 TWh.

Affecté par la fermeture de six centrales et réacteurs en Suède, Russie, aux États-Unis mais aussi en France (Fessenheim), l’atome a réduit sa production de 4,1 % entre 2019 et 2020. À l’inverse, les renouvelables ont bondi de 9,7 % et même 10,7 % en y ajoutant l’hydroélectricité. Une transition symbolique qui ne doit toutefois pas faire oublier l’écrasante domination des énergies fossiles.

Malgré un repli, le charbon reste de loin la première source d’électricité dans le monde (9 421,4 TWh). Il est suivi par le gaz fossile (6 268,1 TWh) puis par l’hydraulique (4 296,8 TWh). Solaire, éolien et biomasse grimpent donc à la 4e place, devant le nucléaire, le fioul (758 TWh) et les autres modes (231,8 TWh).

 

Les renouvelables hors hydro devraient conforter leur position, soutenus par une cadence ahurissante de nouvelles installations. Elles profitent également des hésitations du nucléaire, au moment où de nombreux réacteurs arrivent en fin de vie. Leur objectif reste de supplanter les énergies fossiles. Un challenge de taille, qui ne devrait hélas pas arriver avant au moins 2050.