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Test Marstek Venus E 3.0 : une grosse batterie domestique à petit prix

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Par Hugo LARAPublié le 18 juin 2026

Sommaire

La batterie Venus E 3.0 connectée au réseau / Image : Révolution Énergétique.

Stocker son électricité solaire devient de plus en plus abordable. Le marché français est désormais inondé de batteries résidentielles prêtes à brancher, vendues à des prix toujours plus bas. Parmi elles, la Venus E 3.0 du fabricant chinois Marstek, que nous avons pu tester en conditions réelles.

Installer une batterie chez soi ne nécessite pas toujours l’intervention d’un professionnel. Il existe une large gamme de batteries résidentielles à brancher directement sur une prise classique. La Marstek Venus E 3.0 en fait partie. Il s’agit d’un boîtier rectangulaire plutôt compact qui abrite une capacité de stockage de 5,12 kWh et un onduleur capable de délivrer jusqu’à 2500 W de puissance bidirectionnelle en courant alternatif monophasé.

Vendue autour de 1300 €, ce qui est assez faible pour une telle capacité, la batterie promet de stocker l’excédent d’énergie solaire qui n’est pas consommé instantanément. Elle s’adresse donc en priorité aux propriétaires de centrales photovoltaïques existantes ou à des projets solaires dont les contraintes techniques ne permettent pas de brancher directement les panneaux sur une batterie.

Les caractéristiques techniques de la Marstek Venus E 3.0

Car la Marstek Venus E 3.0 ne possède pas de connectique MC4 ni de tracker MPPT pour y relier et gérer des panneaux photovoltaïques. Elle se contente d’une prise d’entrée/sortie réseau et d’une prise domestique de type F pour alimenter directement n’importe quel appareil électrique. À travers cette prise (et uniquement à travers celle-ci), l’appareil alimenté bénéficiera d’ailleurs d’une fonction de backup de secours en cas de coupure du réseau (en 15 millisecondes selon la fiche technique).

Fiche technique de la Marstek Venus E 3.0

Tension nominale

51,2 V (16S)

Capacité

5,12 kWh

Type de cellule

LiFePO₄

Durée de vie en cycles

> 6 000 cycles (25 °C)

Durée de vie estimée / Garantie

15 ans / 10 ans

Profondeur de décharge

90 %

Entrée / sortie réseau (AC)

Puissance d’entrée nominale

2,5 kW

Puissance de sortie nominale

0,8 kW ou 2,5 kW

Type de courant

Monophasé

Tension/fréquence nominale

230 V / 50 Hz

Plage de tension du réseau

187 – 253 V

Courant de sortie nominal

10,9 A

Facteur de puissance

> 0,99 (défaut) ; 0,8 cap./ind. (ajustable)

Taux de distorsion harmonique (THDi)

< 3 %

Fonction d’alimentation de secours (hors réseau)

Puissance de sortie nominale

2,5 kW en 15 ms

Puissance de sortie de pointe

3,5 kW (10 s)

Tension / Fréquence de sortie

230 V / 50 Hz

Courant de sortie nominal

10,9 A

THDu (charge linéaire)

< 3 %

Rendement

Rendement maximal batterie DC/AC

> 93,5 %

Protection

Classe de protection

Classe I

Tenue aux surtensions

DC II / AC III

Indice de protection (IP)

IP65

Autres

Type d’isolation

Isolé

Plage de température ambiante

-20 °C ~ +55 °C (stockage : -30 °C ~ +85 °C)

Humidité relative

0 – 95 %

Méthode de refroidissement

Refroidissement naturel

Altitude maximale d’exploitation

2 000 m

Dimensions (L × l × H)

480 × 153 × 624 mm

Poids

60 ± 0,5 kg

Connexion réseau AC

Prise type F 16A

Prise hors-réseau

Prise type F

Affichage

LED

Interfaces de communication

Wi-Fi, Bluetooth, Ethernet, RS-485

Pour se recharger exclusivement à partir de l’énergie solaire excédentaire, la Venus E 3.0 doit idéalement être appairée à un compteur communicant placé sur la phase d’alimentation du logement. Lorsqu’il y a injection sur le réseau, ce compteur informe en temps réel la batterie, qui charge la quantité d’électricité correspondante. Les surplus solaires sont donc stockés pour une utilisation ultérieure plutôt qu’injectés gratuitement sur le réseau. Toutes les installations photovoltaïques sont compatibles, la Venus E 3.0 ne nécessitant pas de communication avec un quelconque onduleur solaire externe.

À défaut de compteur communicant (vendu séparément 99 € tout de même, parfois offert lors de promotions ou d’achat de packs), l’on peut planifier manuellement des cycles de charge et décharge selon l’horaire via l’application smartphone Marstek. Cette appli est le seul moyen d’interagir avec la batterie, qui ne comporte aucun écran. La connexion s’effectue en Bluetooth et/ou Wi-Fi. Elle semble de bonne qualité puisque nous recevons correctement le signal malgré l’emplacement de notre batterie au fond du jardin, dans un abri métallique à une vingtaine de mètres de la box, elle située dans la maison.

Une installation et mise en service particulièrement faciles

Dans cet abri, nous avons déployé une arrivée électrique dédiée, câblée en 2,5 mm² depuis notre tableau général, avec son propre disjoncteur. Une configuration pas obligatoire mais fortement recommandée, la Venus E 3.0 étant capable de soutirer ou d’injecter jusqu’à 10,9 A soit 2500 W (réglables via l’appli, 800 W par défaut en sortie d’usine). Évitez donc de la brancher sur un vieux circuit électrique jamais contrôlé. Une fois la ligne et la prise installées, le reste n’est qu’un jeu d’enfant.

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L’installation de la Venus E 3.0 est déconcertante de facilité : il suffit de la déballer, de l’appairer à l’application smartphone et de la brancher sur une prise. Seule difficulté : le poids de la bestiole, 60 kg tout de même. Nous avons mis à contribution une brouette pour déplacer l’engin jusqu’à son abri, la porter sur une distance supérieure à quelques mètres étant impossible.

Logiquement, nous recommandons vivement d’utiliser la barre de fixation murale fournie pour éviter tout risque de blessures par basculement. Un risque à considérer, la batterie étant peu épaisse et assez haute. Notez d’ailleurs que la Venus E 3.0 peut être installée en extérieur uniquement sous abri selon Marstek, contrairement à bon nombre de batteries concurrentes qui n’ont pas d’exigences particulières. Directive étonnante du fabricant, car elle est classée IP65, niveau normalement attribué aux appareils totalement étanches.

Une connectique (un peu trop) dépouillée ?

Côté connectique, l’on retrouve sur la tranche gauche deux ports de communication : l’un pour connecter la batterie en Ethernet, l’autre pour relier directement le compteur intelligent à la batterie en RS485. C’est bien utile si la distance ou la configuration des lieux empêchent une communication sans fil stable entre la batterie et le compteur. Un bouton-poussoir rétroéclairé marche/arrêt est également présent.

Sur la tranche droite, un port mâle Betteri BC01 sert à la recharge et à la décharge AC de la batterie. C’est sur ce connecteur qu’il faut brancher le câble (fourni) reliant la Venus E 3.0 à la prise. Étonnamment, aucun écrou libre n’est fourni pour garantir l’intégrité du branchement, malgré la présence d’un pas de vis côté batterie. C’est un simple clip qui permet de maintenir le câble branché à la Venus E 3.0, ce que nous trouvons un peu léger.

Une prise de secours pour alimenter un appareil en cas de coupure du réseau

Aux côtés du port réseau se trouve une prise type F de « backup », pouvant alimenter directement n’importe quel appareil électrique dans la limite de 2500 W (10,9 A) et jusqu’à 3500 W (15 A) en pic de puissance. Cette prise est utile pour un réfrigérateur par exemple, qui restera alimenté en cas de coupure d’électricité, dans la limite de ce que la batterie peut offrir. Le stockage est d’ailleurs effectué par une batterie de 5,12 kWh utilisant 100 Ah de cellules LiFePO4 sous 51,2 V. La totalité du stockage ne peut être exploitée puisque la profondeur de décharge est bridée à 90 % (soit 4,6 kWh utiles). Ce paramètre peut être ajusté dans l’application, sans jamais dépasser 90 %.

L’ensemble de la connectique est protégé par des caches en plastique qui s’ouvrent vers le bas. Attention, en forçant vers le haut, nous en avons cassé un ! La Venus E 3.0 paraît globalement robuste. Il faut seulement veiller à ne pas rayer la face avant, revêtue d’une plaque de finition en plastique poli.

Elle double le taux d’autoconsommation solaire

Qu’en est-il à l’usage ? Nous avons connecté la Venus E 3.0 sur le réseau électrique d’un logement disposant d’une centrale solaire de 1350 Wc. Celle-ci injecte du courant à travers un onduleur de 800 W. Le taux d’autoconsommation annuel avant l’installation de la batterie ne dépassait pas 50 %, ce qui est déjà supérieur à la plupart des installations solaires. La moitié de la production était donc injectée gratuitement sur le réseau. Du gaspillage, en quelque sorte.

À l’issue du test, réalisé sur trois mois à cheval entre le printemps et l’été, la Venus E 3.0 a permis de faire bondir le taux d’autoconsommation à 97 %. Sur les 334 kWh générés, 10 kWh ont donc été injectés sur le réseau. La faute, probablement, au petit délai de réaction entre le compteur et la batterie lors de variations brutales de la consommation domestique ou de la production photovoltaïque.

Quelques secondes peuvent en effet s’écouler entre la mesure, la transmission de l’information et l’ajustement de la batterie. Dans cet intervalle, la Venus E 3.0 peut laisser s’échapper quelques wattheures vers le réseau. Il est possible qu’une connexion filaire par port Ethernet entre la batterie et le compteur communicant améliore cela (irréalisable dans notre configuration).

Gestion via l’application smartphone Marstek

Si la gestion de la Venus E 3.0 via l’application smartphone Marstek est plutôt simple, nous avons constaté, au départ, quelques bugs. Des consignes non appliquées, par exemple, lors du test du mode « manuel ». Nous avions programmé des horaires de charge et décharge précis, qui n’ont pas été respectés par la batterie. Cette dernière ne réagissait pas, ou restait en décharge au-delà de la période sélectionnée. La nouvelle version de l’application, récemment mise en ligne, semble avoir corrigé ces ratés.

L’interface permet de régler la stratégie énergétique selon quatre modes : « Autoconsommation », celui que nous avons principalement utilisé et qui permet de stocker l’excédent solaire pour le restituer automatiquement en fonction de la consommation domestique. « Optimisation par l’IA », qui s’adresse aux titulaires d’un contrat d’électricité à tarification dynamique. Ainsi, la batterie se charge si nécessaire lorsque le prix de l’électricité est bas sur les marchés, en plus du solaire (mode non testé car impertinent dans notre cas).

Comme évoqué précédemment, le mode « Manuel » permet de planifier des phases de charge et décharge selon un planning. Enfin, le mode « UPS » est surtout destiné aux localités où la fourniture d’électricité est instable. La batterie devient un onduleur de sécurité, elle conserve une charge maximale pour assurer l’alimentation des appareils en cas de coupure.

Deux paliers de puissance au choix : 800 ou 2500 W

Il reste possible d’alimenter des appareils en cas de blackout avec d’autres modes en sélectionnant l’option « alimentation de secours » dans les paramètres. Le menu laisse également le choix de la profondeur de décharge, dans une marge assez restreinte : de 30 à 88 %, ce qui peut être frustrant pour certains utilisateurs. Réglée par défaut à 800 W, les puissances de charge et décharge peuvent être passées à 2500 W (il n’y a pas de valeurs intermédiaires cependant).

Petit détail : les puissantes LED blanches de statut qui habillent la batterie peuvent être désactivées. Une bonne chose pour éviter les éclairages parasites, surtout la nuit.

Un bon rapport qualité-prix, malgré quelques limitations

Sur le plan technique, la Venus E 3.0 est remarquablement efficace pour optimiser l’autoconsommation solaire. Sa puissance de 2500 W est élevée pour sa catégorie, tout comme sa capacité de stockage, bien que légèrement bridée. Au regard du prix très contenu, nous pouvons être satisfaits. Nous regrettons seulement une consommation en veille particulièrement élevée : environ 150 Wh par jour. Ce qui signifie que la batterie doit être impérativement éteinte si elle est laissée sans connexion au réseau, sous peine d’être entièrement déchargée sous une trentaine de jours.

Malgré ce rapport qualité-prix séduisant, dans notre situation (petite centrale solaire, taux d’autoconsommation de départ supérieur à la moyenne), la Venus E 3.0 ne deviendrait rentable qu’à partir d’une douzaine d’années. L’investissement deviendrait intéressant, dans la meilleure des situations, en quatre ans, dans le cas d’une installation solaire plus puissante avec un taux d’autoconsommation de départ bien plus faible et un prix du kilowattheure sur le réseau à 0,17 €. N’hésitez pas à utiliser notre simulateur de rentabilité de batterie pour déterminer l’intérêt économique de votre projet.

On pourrait être tenté d’ajouter d’autres Venus E 3.0 pour augmenter les capacités de stockage. Hélas, aucun connecteur ne permet de connecter directement plusieurs batteries entre elles, contrairement à la concurrence, ce qui est bien dommage. Marstek a bien prévu ce cas, mais il faut passer par un boîtier vendu séparément : la Smart Box. Il ne s’agit pas ici du traditionnel coffret-cadeau pour faire un séjour dégustation dans un vignoble, mais d’un système permettant de brancher jusqu’à trois batteries (soit 15 kWh) et d’assurer l’alimentation complète d’un logement en cas de coupure.

Notre avis sur la batterie Marstek Venus E 3.0

ℹ️ En toute transparence

➡️ Cet essai a été réalisé librement par un journaliste de Révolution Énergétique.

➡️ Le produit testé nous a été envoyé gratuitement par la marque, à son initiative et sans contreparties.

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