
Et si les éoliennes flottantes étaient bien plus que de simples moyens de produire de l’électricité décarbonée ? Selon un récent rapport, l’un des plus anciens parcs flottants au monde est devenu un véritable paradis pour la biodiversité sous-marine grâce à l’absence de pêche et à la présence de ces nouveaux récifs artificiels.
En matière d’éolien flottant, les données manquent parfois concernant l’impact de ces structures sur la biodiversité locale, du fait de la jeunesse de cette technologie. Néanmoins, le parc WindFloat Atlantic, considéré comme le premier parc d’Europe continentale, nous donne quelques éléments de réponse grâce à un suivi réalisé depuis sa mise en service. Il a été mis en service en 2020 et se compose de trois turbines Vestas V164, d’une puissance de 8,4 MW chacune pour une puissance cumulée de 25,2 MW, produisant ainsi l’équivalent de la consommation de 25 000 foyers chaque année.
Après 8 ans de monitoring de la zone, les équipes de WindFloat Atlantic ont pu observer pas moins de 272 espèces sous-marines dans l’emprise du parc situé à 20 kilomètres des côtes de Viana do Castelo au Portugal, où le fond marin se trouve à 100 mètres de profondeur. Outre les dauphins, raies, orques et autres requins, c’est surtout la densité de poissons et de pieuvres qui a été remarquée.
Même au-dessus de la surface, les observations réalisées ont révélé la présence de 33 espèces d’oiseaux et même trois espèces de chauves-souris.
À lire aussiQuelle production pour le premier parc éolien semi-submersible au monde ?Ces résultats prometteurs s’expliquent notamment par le développement de la biodiversité sur les infrastructures immergées. Les flotteurs ont vite été couverts de moules et d’anémones, ce qui a permis la création de tout un écosystème. Les équipes de WindFloat Atlantic ont ainsi pu capturer près de 674 pieuvres et 5000 poissons de 52 espèces sur la zone, soit une densité nettement supérieure à la zone témoin.
Tout n’est pas parfait pour autant, puisque les scientifiques ont également observé la présence de plusieurs espèces invasives, en particulier certaines algues comme le wakame. Si nécessaire, une éradication sera envisagée pour préserver le reste de l’écosystème.
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