AccueilNucléaireExtraire l’uranium de l’océan : bientôt une réalité à grande échelle ?

Extraire l’uranium de l’océan : bientôt une réalité à grande échelle ?

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Par Kevin CHAMPEAUPublié le 25 août 2026
Photomontage RE.

Les océans constituent la plus grande réserve d’uranium au monde, mais son extraction n’a jamais dépassé le stade de l’expérimentation. Jusqu’à aujourd’hui. L’entreprise SuperCritical Materials vient d’obtenir une licence pour industrialiser la production d’uranium marin. 

L’entreprise SuperCritical Materials, basée dans le Texas, entend bien concrétiser les travaux menés depuis plus de 10 ans par le Pacific Northwest National Laboratory (PNNL). En 2018, celui-ci est parvenu à créer cinq grammes de yellow cake en utilisant des fibres acryliques pour l’extraire de l’eau de mer. Depuis ce moment, le processus a été breveté et SuperCritical Materials vient d’obtenir une licence du département américain de l’Énergie, afin de pouvoir extraire l’uranium marin à l’échelle industrielle d’abord aux États-Unis, puis « par la suite dans des pays alliés cherchant à renforcer la sécurité intérieure des combustibles nucléaires ».

D’un point de vue plus technique, le matériau mis au point par le PNNL et utilisé par SuperCritical est décrit comme un adsorbant polymère durable et réutilisable. Ce matériau capte à sa surface l’uranium grâce à des molécules qui sont chimiquement liées aux fibres acryliques. Ce matériau serait peu coûteux, et pourrait être fabriqué à partir de matière recyclée.

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Répondre à la demande grandissante en uranium

Pour le moment, aucun calendrier n’a été annoncé pour le déploiement de cette technologie, mais les enjeux sont immenses. Dans un contexte de transition et d’indépendance énergétique, le nucléaire séduit de plus en plus de pays pour produire de l’électricité et de la chaleur décarbonées. L’engouement est tel que les besoins annuels en uranium pourraient passer de moins de 70 000 tonnes actuellement à plus de 140 000 tonnes par an en 2050. Néanmoins, l’extraction de cet uranium est au cœur des enjeux d’indépendance énergétique, notamment à cause de l’emplacement des mines d’uranium.

Avec un potentiel annoncé à 4,5 milliards de tonnes, l’eau de mer pourrait en théorie rendre plus accessible l’uranium. D’ailleurs, cette réserve se régénère en permanence, particulièrement grâce à l’érosion du littoral. À noter qu’on trouve même de l’uranium dans l’eau douce. En 2009, l’IRSN a calculé que la masse d’uranium transitant chaque jour dans le Rhône pouvait être estimée à 80 kg. Reste désormais à savoir si les innovations technologiques permettront d’obtenir cet uranium à un coût raisonnable.

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