
Grâce à d’importantes ressources minières, le Canada compte bien profiter du renouveau du nucléaire en devenant l’un des principaux producteurs d’uranium au monde. Preuve de cette ambition, le pays s’apprête à investir 1,3 milliard d’euros dans une mine qui pourrait produire 20% de la production actuelle mondiale.
En plein cœur du Canada, dans la province de la Saskatchewan, on trouve des lacs et rivières par milliers, des forêts de bouleaux… Et de l’uranium. Celui-ci se situe dans des couches sédimentaires vieilles de 1,8 milliard d’années, dans une concentration encore jamais vue ailleurs sur Terre. Ici, la teneur en uranium est de 2,34% alors qu’elle ne dépasse pas les 0,1% de moyenne dans le reste des mines connues.
Ce constat a été réalisé par l’entreprise NextGen Energy, il y a une dizaine d’années, à 155 km au nord de la ville de La Loche. Après une décennie de demandes d’autorisations et d’accords avec les communautés locales, l’entreprise a enfin le feu vert pour lancer la construction de la mine d’uranium Rook I, qui devrait être mise en service en 2030 après 4 ans de travaux. Celle-ci devrait permettre la production annuelle de 30 millions de livres d’uranium, soit plus de 13 000 tonnes par an.
À lire aussiVoici la carte des mines d’uranium qui fournissent les centrales nucléaires en FranceCette nouvelle mine d’uranium devrait avoir une importance capitale à l’échelle mondiale pour plusieurs raisons. D’abord, avec la recrudescence de projets nucléaires à travers le monde, les besoins en combustible devraient doubler d’ici 2040. D’autre part, de nombreux pays producteurs d’uranium sont considérés comme peu stables, dans un échiquier géopolitique mondial de plus en plus complexe. Pour s’en convaincre, il suffit de voir le destin des mines françaises d’uranium au Niger, après la révolution dans le pays. De la même manière, la Russie et la Chine sont des producteurs importants d’uranium, mais les échanges commerciaux sont parfois tendus. Enfin, si le Kazakhstan couvre presque 40 % de la production mondiale, la proximité du pays avec la Russie interroge, voire inquiète.
À l’inverse, le Canada est considéré comme stable, et parfaitement intégré à l’écosystème occidental. De ce fait, il pourrait devenir à court terme une assurance tout-risques pour le nucléaire français et européen.
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