
Après le parc éolien de Saint-Brieuc, la ligne d’horizon bretonne devrait être de nouveau bouleversée par l’arrivée de nouveaux projets offshore flottants. Mais le maire de la petite île de Batz n’a pas dit son dernier mot, et espère pouvoir remplacer le projet Bretagne Nord Ouest par des petits réacteurs nucléaires.
Pourtant inscrit à la PPE3, le projet de parc éolien Bretagne Nord Ouest (BNO) n’est pas le bienvenu, en baie de Morlaix, dans le Finistère Nord. Il est notamment considéré comme trop près des côtes par des élus locaux, des associations et les pêcheurs. Ces derniers s’inquiètent de son impact négatif sur la biodiversité mais aussi sur le paysage, sans pour autant être justifié d’un point de vue économique.
Pourtant, la Bretagne est historiquement déficitaire en production d’électricité, il faut donc trouver des manières de produire de l’électricité. Pour cette raison, le maire de l’Île de Batz a proposé une alternative : installer des SMR de la startup française Stellaria.
Dans une interview donnée à Ouest France, Eric Grall indique que cette solution serait plus intéressante d’un point de vue économique avec un investissement initial moins élevé (1,6 milliards d’euros contre 2,4 milliards d’euros), pour un coût de l’électricité moins élevé. Pourtant, avant même d’envisager cette possibilité d’un point de vue technique, il faut outrepasser le tabou du nucléaire en terre bretonne. L’opposition au nucléaire a toujours été forte en Bretagne, en témoigne l’histoire du projet de centrale de Plogoff, dans le Finistère Sud.
À lire aussiLa Bretagne gomme sa dépendance électrique grâce aux énergies renouvelablesNéanmoins, depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Pour Eric Grall, le nucléaire constitue une bonne alternative à des projets éoliens trop proches des côtes, comme celui de Morlaix. Depuis les premières propositions, ce parc a déjà bien changé en passant de 110 à 67 éoliennes, et de 2 GW à 1,2 GW de puissance. Mais la zone d’implantation n’a pas été modifiée, les éoliennes seront donc situées à moins de 20 kilomètres de l’île de Batz, de Roscoff ou de Plougasnou. Les élus locaux avaient demandé une étude pour repousser le parc à 40 km du trait de côte, mais cette demande est restée sans réponse.
À lire aussiQuel bilan tirer du parc éolien en mer de Saint-Brieuc, un an après sa mise en service ?Si la proposition du maire de l’île de Batz fait réfléchir, elle paraît difficilement applicable. D’abord, la machine est lancée, concernant l’implantation de ce parc éolien, et son inscription à la PPE3 rend un retour en arrière difficile à imaginer. Pour cela, il faudrait des difficultés techniques ou économiques d’ampleur, comme Oléron 1.
La technologie développée par la startup issue du CEA Stellaria est prometteuse, mais elle est encore loin d’être mature. Pour le moment, aucun démonstrateur n’a été mis en service et la startup espère mettre en service son premier réacteur d’ici 2031. Même si les planètes s’alignent, une mise en service de plusieurs réacteurs à l’horizon 2035 semble très ambitieux. Enfin, si Eric Grall proposait Brennilis et l’ïle Longue comme de potentiels emplacements pour les SMR de Stellaria, rien n’indique que les sites disposent des infrastructures électriques suffisantes pour permettre l’injection de l’électricité produite sur le réseau.
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