La tempête Bella qui a soufflé ce week-end sur l’ensemble du territoire belge a porté la production des parcs éoliens à un nouveau record. Samedi soir, leur puissance cumulée totalisait 3,8 GW, soit 75 % de la puissance des 7 réacteurs nucléaires du pays.

Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (l’équivalent de RTE en France) a confirmé ce haut niveau de production en soulignant que pendant la tempête le parc éolien belge fournissait assez d’électricité pour couvrir environ le tiers de la consommation moyenne d’un jour d’hiver.

En février de cette année, pendant la tempête Ciara, les éoliennes belges avaient déjà fourni le quart de la demande de courant. Quelques jours plus tard, au plus fort de la tempête Dennis, elles ont même couvert 30 % de la consommation.

Depuis lors, deux nouveaux parcs éoliens offshore ont été connectés au réseau dans les eaux territoriales belges de la Mer du Nord. Le dernier en date est le parc Seamade, au large d’Ostende. Ses 58 turbines de 8,4 MW ont apporté une capacité totale de production de 487 MW.

Pas de quoi pavoiser

Malgré ces chiffres réjouissants, la situation n’est pas rose pour les énergies renouvelables en Belgique et les citoyens belges n’ont pas de quoi pavoiser. Le royaume figure en effet parmi les cancres de la classe européenne. Cette année il a encore  dégringolé dans le Climate Change Performance Index (CCPI), un classement des efforts fournis en matière de lutte contre les changements climatiques, dressé par des ONG. Bon dernier du peloton des Etats d’Europe occidentale, la Belgique figure désormais à la 40e place après avoir déjà régressé de 4 rangs l’année dernière.

Ses mauvais résultats en matière de production d’énergie renouvelables ont également pour conséquence que le pays va manquer son objectif européen de production d’énergie renouvelable pour 2020. À la fin de l’année, 13 % de la consommation d’énergie auraient dû être fournis par des sources renouvelables. Mais les belges n’atteindront que 11,68%.
Puisque les objectifs  fixés par l’Europe sont contraignants, cela devrait se traduire par la nécessité d’acheter des excédents de production renouvelable auprès d’autres pays européens afin d’échapper à une amende. Soit une facture « qui pourrait atteindre 31 millions d’euros » explique Tinne Van der Straeten, la nouvelle ministre de l’énergie. « Nous héritons de dix-sept ans de politique énergétique ambiguë, dix-sept ans de vision à court terme », a-t-elle ajouté. Le nouveau gouvernement qui compte désormais des ministres écologistes dans ses rangs, dont Tinne Van der Straeten, semble toutefois vouloir renverser la tendance. Son programme prévoit des objectifs beaucoup plus ambitieux pour le développement des énergies renouvelables et la lutte contre les changements climatiques.