Depuis 5 ans, les feuilles mortes des arbres de la ville sont ramassées, triées et transformées en compost, ou méthanisées pour produire de l’électricité.

Pour les Amiénois, la chute des feuilles n’est pas source de nuisance. Au contraire, elle produit de l’énergie et même des revenus car, depuis 2014, la préfecture de la Somme valorise ces déchets verts et crée de l’emploi saisonnier pour plusieurs dizaines d’employés.

Amiens compte 37.000 arbres, qui génèrent chaque automne plus de 500 tonnes de biomasse. Une aubaine pour la ville, et pour plus de 10.000 habitants, qui peuvent se chauffer toute l’année grâce à la décomposition de ces feuillages.

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Une double valorisation

Le milliard de feuilles mortes qui jonchent le sol est systématiquement ramassé par le service Espaces Verts et Nettoiement de la Ville. « Le ramassage des feuilles mortes est d’abord une mesure de sécurité », explique Patrick Desseaux, chargé du développement durable et de la politique des déchets d’Amiens Métropole.  Il s’agit en effet avant tout d’éviter les accidents par glissade lorsque le sol est mouillé, mais aussi d’empêcher que les feuilles mortes ne bouchent les avaloirs et ne provoquent des inondations.

Par ailleurs, la ville  d’Amiens a décidé de valoriser les 500 tonnes de feuilles mortes ramassées chaque année depuis qu’en 2014, la mairie a mis en place une loi interdisant de brûler les déchets verts (450 € d’amende), sauf dans les zones rurales où il n’y a pas de déchetterie.

Les feuilles les plus propres sont récoltées pour être transformées en compost ; les autres, mêlées à des déchets non dégradables tels que mégots, plastiques ou bouteilles de verre, sont triées puis broyées pour être envoyées chez Idex Environnement, l’usine de méthanisation d’Amiens Nord. Dans cette plus vieille centrale productrice de biogaz d’Europe, les feuilles mortes vont rejoindre les 14.000 autres tonnes annuelles de déchets ménagers. Après un passage de 40 jours dans un digesteur, elles sont digérées par les bactéries anaérobies et produisent du biogaz. Celui est introduit dans un moteur pour produire de l’électricité. La turbine génère annuellement quelque 18.000 MWh qui sont  injectés dans le réseau de distribution.

Des retombées économiques positives

Cette quantité d’électricité permet d’alimenter environ 4.000 foyers amiénois. Grâce à cette matière première renouvelable, la ville a pu réduire la taxe sur les déchets ménagers de 10%, soit une économie de 50 € par foyer par an. De plus, pas moins de 60 personnes sont employées chaque automne pendant 6 à 8 semaines au ramassage des feuilles mortes.

Un exemple à suivre

Peu de villes produisent de l’électricité à partir des feuilles mortes comme à Amiens, mais plusieurs les récoltent pour en faire du compost. A Paris, où l’on compte environ 200.000 arbres, ce sont près de 40.000 tonnes de feuilles mortes qui échouent chaque année sur les trottoirs. Dans la Ville Lumière, les feuilles mortes ne se ramassent pas à la pelle, mais à l’aide d’une armée de souffleuses et d’aspirateurs de rue. Malgré ces moyens, seules les feuilles mortes qui tapissent les pelouses des parcs sont ramassées pour être compostées, ce qui représente à peine 5% de la masse totale du feuillage qui tombe à l’automne. Les 95% restants sont laissés dans les jardins pour enrichir les sols. Si un système de recyclage similaire à celui d’Amiens était mis en place, pas moins de 20.000 foyers qui pourraient être alimentés chaque année.

A Metz, les feuilles sont transformées en engrais, tandis qu’à Versailles, celles des arbres qui bordent les allées font également l’objet d’une récolte bien organisée. Elles ne seront pas emportées dans la nuit froide de l’oubli, mais sont transformées en compost qui, lequel enrichira plus tard les somptueux jardins du château …