Mise en service fin janvier, la plus puissante batterie stationnaire de France dispose paradoxalement d’une modeste capacité. Quel service peut-elle rendre au réseau avec ses 25 petits mégawattheures de stockage ?

Réseau de transport d’électricité (RTE) vient de brancher la plus grande batterie de stockage stationnaire de l’hexagone. Située sur une ancienne raffinerie Total du port de Dunkerque, l’unité a été construite par Omexom et Saft, la filiale batterie du groupe pétrolier français. Elle développe une puissance de 25 MW pour une capacité de stockage de 25 MWh. L’énergie accumulée est restituée en fonction des besoins du réseau à une tension de 90 kV. Mais quel rôle peut bien jouer ce modeste système de stockage face aux gargantuesques stations de pompage-turbinage (STEP) ?
Si cette méga-batterie est à des années-lumières d’égaler les performances des STEP, sa mission reste noble et présente quelques avantages. Elle doit en effet contribuer à stabiliser la fréquence du réseau électrique français et européen. Fixée à 50 Hz, ses variations même légères effraient les gestionnaires. L’équilibre s’effectue habituellement avec des centrales réactives mais polluantes (gaz, fioul, charbon), des barrages hydroélectriques ou des STEP.

Aucune ne peut toutefois égaler la vitesse de mobilisation d’une batterie. En une fraction de seconde, les accumulateurs sont capables d’injecter l’énergie nécessaire à la stabilisation, là où les centrales traditionnelles exigent entre 5 et 30 minutes. Une tâche exécutée sans émissions polluantes à l’usage. Selon Omexom, la méga-batterie de Dunkerque doit aussi « faciliter l’intégration des énergies renouvelables » et « lutter contre [leur] intermittence de production». Il est cependant peu probable que l’unité se contente de stocker exclusivement de l’électricité « verte ».

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